« Maintenant, l'enjeu, c'est la relance. Le risque, c'est que les entrepreneurs puissent ou non maintenir leur activité. Sans quoi, il y a aura un véritable effet boomerang à la rentrée », observe Fabienne Kerzerho, directrice régionale Grand Ouest de l'ADIE (Association pour le Droit à l'Initiative Economique), qui vient de lancer le Fonds pour un prêt d'honneur pour permettre aux jeunes entrepreneurs de passer l'été. Le principe ? Accorder un prêt pouvant atteindre 4.000 à 5.000 euros, selon le chiffre d'affaires de l'entreprise, dont le remboursement est différé d'un à deux ans. Ce fonds pourrait s'élever à 1,5 million d'euros. Amorcé en fonds propres, il a d'ores et déjà reçu le feu vert de la Banque Populaire Grand Ouest, du Crédit Mutuel, deux partenaires historiques de l'ADIE pays de la Loire, de BPIFrance... Des discussions seraient en cours avec le Conseil régional et des EPCI pour élargir le cercle des contributeurs de manière à pouvoir subvenir aux besoins de 400 à 500 entrepreneurs d'ici le mois d'octobre. « Nous sommes dans une période cruciale. Les entrepreneurs ont aussi leurs états d'âme et beaucoup, fragilisés par cette période moralement épuisante, s'interrogent sur ce qu'ils doivent faire. Un grand nombre d'entre eux sont sur le fil... » constate Fabienne Kerzerho.
Dans une enquête réalisée pendant la deuxième semaine d'avril auprès de 1400 entrepreneurs (commerce, service à la personne, artisanat, bâtiment) de la région, l'ADIE rapporte que les trois quarts d'entre-eux déclaraient avoir dû cesser leur activité et 20% la réduire. « La plupart était sans ressource pour vivre au quotidien », témoigne la directrice régionale de l'association. « L'enjeu était de repérer ceux qui étaient en réelle difficulté et de les orienter vers les dispositifs existants auprès de la région, du département de l'Ursaff... Mais, ceux qui ont pu bénéficier du Fonds de Solidarité rapidement mis en œuvre par le gouvernement devenaient, avec ce revenu de substitution-maximum 1500 euros- , inéligible au fonds régional Résilience déployé par la région», regrette la directrice régionale de l'ADIE.