Utopi’hall redonne du sens à notre manière de consommer

La ferme urbaine Utopi’Hall veut inculquer une nouvelle façon de produire en ville, de consommer et de voir le monde. Le concept doit être prochainement décliné à Nantes et ailleurs.
L'espace de vente de 170 mètres carrés propose les productions de la ferme urbaine conçue en partenariat avec La Florentaise.
L'espace de vente de 170 mètres carrés propose les productions de la ferme urbaine conçue en partenariat avec La Florentaise. (Crédits : DR)

« On n'y vient pas seulement faire ses courses, c'est une expérience d'achat inédite », promettent Victor Flomont et Sébastien Moreau, fondateurs d'Utopi'hall, une ferme urbaine de 400 mètres carrés, chargée de valeurs écologiques, de partage, de techniques marketing et d'innovations, ouverte le 15 mars dernier, à la lisière du centre-ville d'Angers. La maturation a duré près de cinq ans. Jusqu'à ce que l'ex-visiteur pharmaceutique chez l'Oreal et l'ex-responsable d'un Carrefour Market s'affranchissent des contraintes techniques et réglementaires de leur projet. Faute d'avoir pu trouver refuge sur des toits, pas assez adaptés, Utopi'Hall s'est enraciné dans un ancien centre de tri postal.

Le lieu s'articule autour d'un outil de production de 270 mètres carrés conçu en partenariat avec le fabricant de terreaux La Florentaise et d'un espace de vente de 170 mètres carrés. Le système de production repose sur des serres verticales de cinq mètres de haut, composées d'étagères de 23 mètres, inclinées pour favoriser l'alimentation dynamique des plantes et le recyclage l'eau. Grâce à un joint-venture avec le fabricant de LED canadien HRVST, La Florentaise a mis au point une « recette spectrale » permettant de créer et breveter le LED « le moins énergivore au monde ».

Un espace de vie partagé

Utopi'hall compte produire de 600.000 à 1 million de plants d'aromates (basilic ou mélisse, au goût de cannelle, shiso...) par an. Des variétés inhabituelles vendues vivantes, en pot de fibres de bois (2,5 euros ou 5 euros). « Tout ce qu'on ne trouve pas localement chez les grossistes bio pour ne pas dénaturer le marché local. L'idée est plutôt d'amener au consommateur de nouvelles idées de déco ou d'habitudes alimentaires pour remplacer le sel et le poivre », précise Victor Flomont. Les surplus seront vendus au MIN (Marché d'intérêt national) situé à proximité. L'offre du magasin est enrichie par les productions biologiques ou raisonnées de 90 producteurs issus du Maine-et-Loire (80 %) et des départements (44, 53, 72) limitrophes. Plus qu'un lieu de passage, Utopi'hall, qui lancera d'ici la fin de l'année un mini-espace de restauration, veut devenir un espace de vie, de partage et de com.

Pour cela, un atelier gratuit est ouvert aux diverses associations qui « œuvrent pour le changement. C'est du gagnant-gagnant », justifie le fondateur d'Utopi'hall, qui entend faire son trou dans le quartier Saint-Serge, dont l'actuelle réhabilitation verra fleurir en septembre, une patinoire, un parc, un pôle économique... Les quatre emplois en insertion devraient être trans-formés en CDI en fin d'année et le chiffre d'affaires atteindre 500.000 euros pour le premier exercice. Après avoir donné du sens à cette utopie, suivront une implantation à Nantes à l'automne et la mise au point du concept en franchise, pour cette fois lui donner du corps.

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Commentaire 1
à écrit le 29/04/2019 à 9:05
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La filière bio devrait être un service public, il n'est pas normal que ceux qui respectent la nature aient à se confronter avec des mégas puissances financières, avec des lobbys obscurantistes capables de tout pour gagner toujours plus de blé. L'...

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