Vélo électrique : le nantais Reine bike en selle pour attaquer le marché européen

Après avoir contribué à l’évangélisation du marché de la téléphonie mobile, Stéphane Gregoire s’attaque au Vélo à Assistance Electrique. L’entrepreneur nantais a dessiné Reine Bike, un vélo urbain, haut de gamme, ultra connecté, sécurisé et confortable qui veut donner envie aux citadins et péri-urbains de se mettre au vélo. Retardée par la crise sanitaire, l’entreprise, qui ambitionne d’aller rouler sur les plates-bandes allemandes et belges, vient de lancer la production de 800 unités chez son partenaire et actionnaire Arcades Cycles.

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Cycliste sportif, Stéphane Grégoire, fondateur de Reine Bike à Nantes a voulu créer un vélo pour Madame et Monsieur tout le monde. Il a conçu deux modèles de vélos à assistance électrique, haut de gamme, avec un cadre haut ou bas. A défaut de choisir, beaucoup de clients, dont la moyenne d'âge atteint 54 ans, opteraient pour les deux versions.
Cycliste sportif, Stéphane Grégoire, fondateur de Reine Bike à Nantes a voulu créer un vélo pour Madame et Monsieur "tout le monde". Il a conçu deux modèles de vélos à assistance électrique, haut de gamme, avec un cadre haut ou bas. A défaut de choisir, beaucoup de clients, dont la moyenne d'âge atteint 54 ans, opteraient pour les deux versions. (Crédits : Xavier Cadeau)

Ce jour-là, c'est jour de peinture chez Arcades Cycles, à La Roche-sur-Yon (85) et Stéphane Grégoire voit la vie en couleur. Retardée par la crise sanitaire et la pénurie de composants, la production du vélo à assistance électrique Reine Bike a démarré il y a une quinzaine de jours. « Et déjà, les premiers vélos roulent à Nantes, la Rochelle, Angoulême, Paris, Bordeaux, Toulouse...Les 150 premières précommandes vont être honorées. Alors que nous étions attendu au virage au regard des pénuries de composants, la même livraison devrait suivre », se réjouit le fondateur de Reine Bike, créateur d'un vélo qu'il qualifie d'« intemporel, bien équilibré, confortable, simple d'utilisation et sécurisé. Un vélo de vacances pour un usage quotidien qui donne envie de monter dessus... »

Un engin haut de gamme, destiné à rivaliser avec les modèles allemands et nordiques qui dominent un marché en croissance de 20% à 30% par an. « En France, le marché est devenu mature à partir de 2018. Mais avec 200.000 unités vendues, Le Pays du Tour de France accusait un retard de cinq ans, comparé à l'Allemagne qui en produisait 1 million... On était loin de ce que l'on connait aujourd'hui», observe Stéphane Grégoire.

De fait, avec 500.000 VAE commercialisés en 2021, le marché français, qui a vu émerger de nouveaux acteurs (Moustache, O2Feel, EasyBike, Weebot, Cube, Neomouv...) devrait, selon l'Observatoire du Cycles, dépasser le million d'unités en 2025. Des perspectives qui ont convaincu le fondateur de Reine Bike de se lancer.

Pour ceux qui ont peur du vélo et ne savent pas passer les vitesses

Après vingt-deux ans passés à la tête d'une entreprise de distribution pour SFR Pro, Stéphane Grégoire avait envie d'un nouveau challenge. « Un projet qui allie santé-bien-être, mobilité et transition énergétique », s'enquière-t-il. Le VAE coche toutes les cases. « Il existait bien des modèles sportifs mais rien pour aller chercher son pain ou à des rendez-vous en ville», observe-t-il.

Il dessine un premier modèle, définit un cahier des charges et rencontre un designer industriel chez le fabricant Arcades Cycles. Jusque-là absente du haut de gamme, l'entreprise entre dans le capital de la start-up à hauteur de 22% et lui donne les moyens de ses ambitions : créer une marque française de vélos à assistance électrique accessible aux 45-70 ans. « En six mois, on a sorti un vélo qui positionne le cycliste le plus au centre de la machine. On l'a fait tester par des gens qui avaient peur de monter sur un vélo, qui ne savent pas passer les vitesses...», explique-t-il.

Résultat, le vélo bénéficie d'un couple moteur important, d'une puissance de 80 Newton/mètres quand la moyenne se situe à 50N/m et d'un variateur continu (Enviolo) permettant d'absorber facilement les dénivelés ou les démarrages en côte... Selon les options choisies, l'autonomie varie de 80 à 120 km. Il est équipé d'un porte bagage, d'un feu stop, d'une selle extra-large, des freins à disques hydrauliques, de pneus larges (Schwalbe) pour franchir les nids de poule et rails de tramways... pour un poids de 27,9 kg. Pas le plus léger, il est dans la moyenne.

137 pièces homologuées et assemblées en France

« En venant de l'IOT, j'ai voulu faire un vélo qui soit connecté », ajoute Stéphane Grégoire, qui a noué un partenariat avec la startup nantaise Velco pour utiliser son guidon connecté et développer une application spécifique capable de gérer l'ensemble des datas fournies par le moteur (Bafang), la batterie de 14 ampères (Phylion), la géolocalisation, les besoins de maintenance, le blocage du vélo à distance, de le mettre sous alarme.

Une sorte d'ordinateur de bord sur un vélo, relié ou non au smartphone de l'utilisateur (IOS et Android), qui permet de suivre et de contrôler l'état de santé de la bicyclette... et du cycliste, en lui proposant de nouvelles expériences utilisateurs.

Si l'ensemble des 137 pièces sont assemblées en France, le cadre, comme les composants, proviennent en majorité d'Asie. « La France a perdu les compétences de cadreurs dans les années soixante-dix. Le cadre, c'est symbolique mais ce n'est pas une priorité. Cela dit, nous réfléchissons avec des partenaires à la pertinence de relocaliser cette activité en France», indique Stéphane Gregoire, pour qui une fabrication 100% française aurait conduit Reine Bike à commercialiser des vélos à 8.000 euros. Impensable quand le haut du panier se situe autour de 4.000 à 5.000 euros. Les deux modèles (cadre bas ou cadre haut), connectés au non, conçus par Reine Bike sont commercialisés à 3.490 euros et 2.990 euros. «Nous sommes 15% en dessous du marché », dit ce nouveau venu sur le marché des VAE, vendus en France en moyenne entre 2.100 euros en et 3.000 euros.

Cap sur l'international

La distribution qui devait initialement reposer sur des ventes en direct en livraison à domicile va être élargie à une quinzaine de concepts stores, indépendants ou non, pour accélérer le développement en France. Reine Bike négocie par ailleurs des partenariats avec des réseaux de maintenance (Cyclofix...) capables d'intervenir à domicile ou au bureau dans les grandes villes. Tout en poursuivant une extension de la gamme avec trois nouveaux modèles, Reine Bike entend très rapidement se rapprocher des pays frontaliers, comme l'Allemagne la Suisse ou la Belgique où un vélo sur deux est un VAE.

L'entreprise, qui a investi 1,2 million d'euros dans ce lancement, projette dès l'an prochain une levée de fonds pour accompagner son développement à l'international. Echaudée par des délais d'approvisionnement passés de 3 à 12 ou 18 mois pendant la pandémie, Reine Bike s'est déjà engagée à tripler ses approvisionnements jusqu'en 2023.

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