Le Grand Ouest crée un fonds d'amorçage interrégional

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Soutenu par les régions Pays de la Loire, Bretagne, Basse et Haute Normandie, le fonds Go Capital Amorçage est doté de 32 millions d'euros pour soutenir la création ou le développement d'activités technologiques innovantes. Une solution pour pallier la problématique de financement des jeunes entreprises.

Pas moins d'une centaine de projets a été auscultée par la société rennaise Go Capital, en charge de la gestion du tout nouveau fonds interrégional, né de la coopération entre les quatre régions du Grand Ouest. A ce jour, une seule entreprise a d'ores et déjà bénéficié de l'intervention de Go Capital Amorçage. Créée en juin 2010 par Hugues Tariel, ex-directeur général d'Umicore IR Glass, société belge spécialisée dans les métaux semi-précieux utilisés dans l'infra-rouge et deux associés doctorants, la société Diafir cherchait à développer une solution d'analyse biologique non invasive permettant d'établir le profil métabolique à partir d'un simple contact... En d'autres termes, un capteur utilisant la fibre optique pouvant déceler des cellules malades sans avoir recours à une biopsie. Un capteur de mesure jetable d'une centaine d'euros évitant une hospitalisation d'un à deux jours facturée de 600 à 1200 ?. Une économie non négligeable.

Soutenir les secteurs innovants du numérique, de la santé, du médical...

« Mais le développement imposait un premier investissement d'un millions d'euros. Or, sans fond de roulement, les banques n'interviennent pas et ne financent pas la mise au point de prototype », indique Hugues Tariel, qui a obtenu le concours de Go Capital Amorçage à hauteur de 300.000 ? en augmentation de fonds propres. «C'est un accélérateur. Et un système qui colle assez bien aux sociétés comme la nôtre », ajoute-t-il.

De fait, Diafir a aussitôt obtenu 400.000 ? d'Oseo. D'ici trois ans, Diafir pourrait générer un chiffre d'affaires de 500.000 à 1 million ?. Et « cinq à dix fois plus d'ici 2020 », assure-t-on, si le test jetable réussit son entrée dans les laboratoires, chez les médecins spécialistes et surtout sur les marchés étrangers. C'est tout l'enjeu de la création de ce fonds d'amorçage interrégional qui veut soutenir les secteurs innovants du numérique, de la santé, du médical, de l'alimentation, des biotechnologies, des écotechnologies, des sciences des matériaux et des nanotechnologies.

Le secteur bancaire a un peu traîné les pieds

Les quatre régions ont mis 8 millions ? au pot et ont sollicité le Fonds National d'Amorçage, né dans le cadre du Grand emprunt, géré par CDC Entreprises, filiale du groupe Caisse des Dépots. Gestionnaire de 230 fonds, dont 80 fonds régionaux, CDC Entreprises a accepté de s'engager pour 20 millions ? dans ce nouvel outil interrégional. Si dans une logique de partenariat public/privé, on a voulu mobiliser le monde bancaire, ce dernier a quelques peu trainé les pieds. Du bout du carnet de chèques, le Crédit Mutuel Arkéa, huit caisses régionales du Crédit agricole et la Caisse d'épargne de Normandie souscrivent pour 4 millions d'euros.

« Une participation insuffisante », regrette, toutefois, Christophe Clergeau, vice-président du conseil Régional des Pays de la Loire. Ouvert à d'autres institutions financières et industrielles au cours des douze prochains mois, ce FCPR (Fond Commun de Placements à Risques) pourrait alors atteindre 40 à 60 millions ?. « Il faudrait au moins trouver 10 millions d'euros venant d'investisseurs privés supplémentaires », observe Eric Cozanet, Président de Go Capital.

4 à 5 projets déjà sous le coude

Destiné à subvenir aux besoins de financement des jeunes entreprises innovantes, ce fonds peut investir de 300.000 ? à 500.000 ? par entreprise en phase de création ou pour le développement d'un produit. Au gré de plusieurs tours de table, une société pourra ainsi bénéficier jusqu'à 3 millions ?. « Nous avons 4 à 5 projets sous le coude et estimons pouvoir soutenir 200 à 300 projets par an. Nous étudions en priorité la propriété intellectuelle, la taille du marché visé, la position concurrentielle, l'équipe....», précise Eric Cozanet. « Mais force est de constater que de nombreux projets ne sont pas aboutis. Le risque, c'est qu'une entreprise reste en mode R&D et n'atteigne jamais la dimension économique nécessaire », dit-il.

 

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