Economie sociale et solidaire : TERRAform, des artistes entrepreneurs malgré eux

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TERRAform est un bac surélevé équipé d'une coque où vient se loger le jardinier en fauteuil roulant. Sa conception a été financée par des mécènes comme la Fondation Groupe Chèque Déjeuner, la Macif et AG2R La Mondiale © DR
TERRAform est un bac surélevé équipé d'une coque où vient se loger le jardinier en fauteuil roulant. Sa conception a été financée par des mécènes comme la Fondation Groupe Chèque Déjeuner, la Macif et AG2R La Mondiale © DR (Crédits : dr)
Trois artistes Nantais ont conçu une solution de jardinage adaptée aux jardiniers amateurs en fauteuil roulant. Ils exportent en Europe et bientôt peut-être en Amérique du nord.

L'aventure de TERRAform commence il y a une dizaine d'années sur un défi. Lors d'une expo d'art dans des jardins collectifs à Nantes qu'ils avaient organisée, les trois artistes qui forment le collectif La Valise, Samia Oussadit, Boris Cochy et Pascal Leroux, sont interpellés par une dame en fauteuil roulant passionnée de jardinage. Elle les met au défi de développer une solution pour les personnes à mobilité réduite qui, comme elle, ont envie de jardiner plus confortablement. Conseils pris auprès d'ergothérapeutes, les trois artistes et architectes dessinent des croquis avant de produire un prototype grâce à des subventions issues du monde culturel. Leur TERRAform est un bac surélevé équipé d'une coque où vient se loger le jardinier en fauteuil roulant. Mais ils finissent par laisser tomber le projet. Le mot « produit » est alors presque une grossièreté pour les trois artistes. Ce sont des utilisateurs potentiels, rencontrés lors d'un colloque à Brest, qui exigent qu'ils donnent suite.

Des mécènes et des aides de la région

Avec l'aide de mécènes (la Fondation Groupe Chèque Déjeuner, la Macif et AG2R La Mondiale), ils parviennent à produire cinquante premiers modèles pour un coût de 35.000 euros. En 2009, la région Pays de la Loire prend le relais et leur offre les services d'une consultante pour peaufiner leur proposition commerciale dans le cadre du Dispositif local d'accompagnement (DLA) qui leur permet aussi d'accéder au statut d'emplois aidés. De conception nantaise, le produit est une collaboration entre une usine de rotomoulage de Rennes et un atelier de travail protégé de Nantes qui fabrique la partie en bois. Des jardins TERRAform sont aujourd'hui installés dans plus de 60 sites - surtout des maisons de retraite et des centres de rééducation qui commandent souvent plusieurs exemplaires - en France, au Luxembourg, en Suisse et en Belgique.

Fabriquer au Canada ?

« Après avoir reçu une vingtaine de demandes des Etats-Unis et du Canada en peu de temps, nous avons fait faire des devis pour fabriquer au Canada », explique Samia Oussadit. « Ce serait ridicule pour le bilan carbone de fabriquer et d'expédier des containers depuis l'Europe. » Pour rester fidèles à leur éthique, les artistes-entrepreneurs ont d'ailleurs refusé l'offre d'un industriel qui voulait fabriquer leur bac à grande échelle en Chine. La Région vient de leur accorder une deuxième aide, toujours dans le cadre d'un DLA, sous la forme de trois jours avec un consultant qui va les aider à se préparer à cette nouvelle étape de l'exportation. En Amérique du nord, ils ont déjà des propositions de revendeurs intéressés.


 

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Commentaires
a écrit le 16/01/2013 à 14:23 :
extra.en tant que utilisateur potentiel,y a t'il qq chose de prévu pour les particuliers?Merci si qq'un peut me répondre.
a écrit le 27/11/2012 à 14:22 :
merci pour ce bel article, vivement que cette innovation rayonne dans le monde !

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