Réseaux intelligents : l'électricité du futur s'invente en Vendée

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De gauche à droite Bruno Lechevin, président de l'ADEME, Michèle Bellon, présidente du directoire d'ERDF, Jean-Claude Merceron, président du SyDEV, Pascal Berzosa, directeur général du SyDEV © DR
De gauche à droite Bruno Lechevin, président de l'ADEME, Michèle Bellon, présidente du directoire d'ERDF, Jean-Claude Merceron, président du SyDEV, Pascal Berzosa, directeur général du SyDEV © DR (Crédits : DR)
La Vendée a lancé officiellement vendredi 28 juin le projet Smart Grid, expérimentation de grande ampleur qui a pour objectif de mieux gérer la production, la distribution et la consommation électrique. A terme, le département va pouvoir économiser jusqu'à 30% de l'électricité qui y est consommée.

« C'est un peu notre Vendée Globe à nous. Mais, c'est une course en équipe ! » : l'allusion de Michèle Bellon, la présidente du directoire d'ERDF, à cette épreuve maritime mythique n'est pas fortuite. Les porteurs du projet Smart Grid (réseau intelligent) ont en effet choisi les Sables d'Olonne pour présenter ce qu'ils appellent « un véritable laboratoire à ciel ouvert ».
Smart Grid a pour objectif de permettre à la Vendée d'anticiper la transition énergétique en s'appuyant sur le développement des énergies renouvelables (éolien et photovoltaïque) et en intégrant les nouveaux usages, dont le développement des véhicules électriques. Cette expérimentation vise aussi à obtenir une meilleure gestion de l'électricité, en anticipant par exemple les pics de consommation. A terme, ce test grandeur nature doit définir les futurs outils pour piloter les réseaux de distribution d'électricité dans toute la France.

Des capteurs télécommandés sur les bâtiments publics

Les partenaires de ce projet (1) ont investi 28 millions d'euros et comptent obtenir les premiers résultats dès 2014. 150 collectivités, des industriels, des start-up et une équipe d'ingénieurs formés par le CNAM vont être mobilisés pendant 5 ans pour tester de nouvelles solutions. Pour ce faire, ils vont s'appuyer sur une série d'équipements innovants qui seront déployés dans tout le département : des capteurs télécommandés posés sur 100 bâtiments publics (mairies, piscines, écoles, etc.) et 10 000 point d'éclairage, 500 compteurs Linky, et une structure de communication entre le réseau et les producteurs d'électricité d'origine renouvelable ou pas. « Tous ces équipements fourniront des données réelles permettant d'optimiser la gestion du réseau d'électricité», explique Olivier Roland, directeur régional d'ERDF Pays de la Loire.

8% de l'électricité issues des énergies renouvelables en Vendée

La Vendée a été choisie par ERDF car ce département réunit tous les paramètres auxquels le distributeur doit faire face aujourd'hui : une augmentation de 40% de la consommation d'électricité depuis 8 ans, une forte production d'électricité issue des énergies renouvelables (elle est deux fois supérieure à la moyenne nationale, 8% contre 4%) et un engagement réel des pouvoirs publics pour réduire la consommation électrique. Précurseur dans le domaine des ENR (énergies renouvelables), la Vendée voit en ce domaine « la concrétisation d'une décennie de travail », selon Jean-Claude Merceron, le président du Syndicat départemental d'énergie et d'équipement de la Vendée (SyDEV).
Parallèlement à ce test de grande ampleur, ERDF, qui gère les réseaux publics de distribution sur 95 % du territoire métropolitain, développe une quinzaine d'autres projets Smart Grid, certes de moindre ampleur mais néanmoins tout aussi stratégiques. Pour répondre aux évolutions dans le monde de l'énergie, et notamment à l'émergence des énergies renouvelables décentralisées, ERDF doit en effet relever un sérieux défi industriel et technologique et va devoir investir pour moderniser son réseau et le rendre plus « intelligent ».

(1) Smart Grid Vendée : Les deux partenaires principaux sont ERDF (Electricité réseau distribution France) et le SyDEV (Syndicat départemental d'énergie et d'équipement de la Vendée). Les six autres acteurs sont RTE (Réseau de Transport d'Electricité), Actility, Alstom, Cofely Ineo, Legrand et le CNAM (Conservatoire national des Arts et Métiers). Partenaire financier, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) finance à hauteur de 9,5 millions d'euros.

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Commentaires
a écrit le 04/07/2013 à 10:45 :
"A terme, le département va pouvoir économiser jusqu'à 30% de l'électricité qui y est consommée": phrase accrocheuse, sans échéance associée, non étayée dans l'article, probablement fausse à court ou moyen terme si l'on considère l'augmentation de 40% sur les 8 dernières années, et donc qui n'engage probablement que ceux qui veulent y croire.

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