RennesGrid : vers un pilotage énergétique intelligent de la Zac de Ker Lann

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(Crédits : Reuters)
Rennes Métropole a donné son feu vert à une étude de faisabilité visant à expérimenter un pilotage intelligent (smart grid) du réseau électrique de la ZAC de Ker Lann au Sud-Ouest de Rennes. Piloté par Schneider Electric, le projet RennesGrid, qui doit se concrétiser en fin d’année par la création d’une société de projet, associe déjà le cluster écoorigin et ERDF. La production des premiers kWh photovoltaïques est prévue pour 2017.

Soucieuse de s'engager plus concrètement dans une politique d'économies d'énergie et de transition énergétique, Rennes Métropole vient de lancer officiellement le projet RennesGrid.

Piloté par Schneider Electric, qui est aussi un des gros employeurs du territoire, il vise à expérimenter sur les 20 ans à venir le pilotage énergétique de la ZAC de Ker Lann. Située sur la commune de Bruz, à 12 kilomètres au Sud-Ouest de Rennes, cette zone de 3 hectares a la particularité d'être un campus regroupant une soixantaine d'entreprises spécialisées dans la  haute technologie, 17 écoles de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche et centres de formation, ainsi que des ensembles immobiliers résidentiels et d'hébergement d'étudiants.

Schneider Electric prévoit que Ker Lann sera, dès 2017, plus indépendante des énergies carbonées grâce à la production d'une énergie renouvelable locale à base de solutions photovoltaïques.

Alors qu'au 1er janvier 2016, les tarifs régulés de l'électricité pour les entreprises et les collectivités locales disparaîtront, le projet RennesGrid entend privilégier l'autoconsommation.

« Cette innovation répond à l'acronyme IRMA, pour Investissement Rentabilisé grâce à la Mutualisation de l'Auto-consommation. Au lieu de faire racheter des kWh par un opérateur comme EDF, on gagne à autoconsommer l'énergie produite grâce au soleil » explique Thierry Djahel, directeur du développement et de la prospective chez Schneider Electric.

Un modèle privé-privé

Techniquement, le montage d'une centrale photovoltaïque au sol ainsi que la mise en œuvre de panneaux solaires sur le toit des entreprises et en ombrière de parking sont annoncés pour janvier 2016. Prévu pour être opérationnel fin 2016, le projet inclut aussi la mise en œuvre de dispositifs de stockage permettant le délestage aux heures de pointe de consommation, et de bornes de recharge de véhicules électriques pour les stations d'autopartage.

D'un budget global d'investissement de 10 M€, cette expérimentation proposée à Rennes Métropole et à Bruz par Schneider Electric, est fondée sur un mode d'exploitation privé-privé.  Le projet RennesGrid ne bénéficie pas de subventions de la collectivité. En revanche, la parcelle foncière de Ker Lann, qui dispose d'une boucle électrique locale bien délimitée, a été concédée pour 20 ans, minimum.

Pour autant, le groupe spécialiste en gestion d'énergie ne travaille pas seul à l'élaboration du modèle économique du projet. Il s'est associé à ERDF et au cluster d'entreprises écoorigin, qui fera le lien entre les acteurs du site et les acteurs économiques du territoire.

Création d'une société de projet fin 2015

Selon le calendrier prévu, la pré-étude de faisabilité technique et financière de RennesGrid sera bouclée avant la fin de l'été. Schneider Electric entend ensuite créer, pour la rentrée 2015,  un consortium dédié et poursuivre l'étude technique jusqu'en décembre. La constitution d'une société de projet ad hoc sera effective en principe en fin d'année.

« Le projet vise à développer et à exploiter de nouveaux modèles de gestion active de l'énergie basés sur des services innovants et des applications numériques ajoute Thierry Djahel. Pour constituer le consortium, qui débouchera sur une société de projet, nous allons nous adresser à ERDF, à des opérateurs photovoltaïques, à des sociétés du numériques, dont des start-up implantées à Ker-Lann, et à des partenaires de la mobilité. » RennesGrid dispose aussi d'un volet académique, qui s'appuiera sur les travaux d'écoles de Ker Lann comme l'ENS Rennes  pour les technologies de stockage et ceux de l'Ecole des métiers de l'environnement (EME).

Selon les porteurs du projet, la rentabilité devrait être atteinte sous dix à douze ans. Elle sera principalement assurée par la vente d'énergie verte aux entreprises volontaires, et à terme, aux particuliers présents sur la Zac : 20 % de leur approvisionnement énergétique pourraient être liés à la centrale. Les clients auront aussi accès à une offre élargie de services de gestion de l'énergie.

Redonner du souffle à Ker Lann

Avec RennesGrid, Schneider Electric veut être un précurseur et inscrire ce projet, comme d'autres qu'il développe en France, dans la vraie vie économique du territoire.

Pour Rennes et Bruz, cette expérimentation est aussi une aubaine. Equiper le quartier de Ker Lann, c'est insuffler une nouvelle dynamique à cette zone excentrée et en déficit d'attractivité. Dans cette optique, la participation au projet des entreprises de Bruz, comme le groupe Glon-Sanders, qui va construire un nouveau siège social, est considérée comme un atout.

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