Kiwatch veut démocratiser la « vidéo-bienveillance »
Frédéric Thual

kiwatch
DR
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En faisant le choix de commercialiser un système de vidéosurveillance sous la forme d'un abonnement mensuel, à l'instar des opérateurs de la téléphonie, la nantaise Kiwatch est devenue en quelques années un des acteurs majeurs du marché de la vidéosurveillance avec quelques 20.000 caméras connectées, le plus souvent à domicile, où on lui préfère le terme de « vidéo-bienveillance ».
Un marché en pleine maturité, où Kiwatch veut asseoir son modèle d'abonnement.
L'abonnement est à 9,90 euros (14,90 HT pour les entreprises) par mois. Le premier prix est de 29 euros pour une caméra d'« intérieur » et de 59 euros pour un modèle extérieur. Les suivantes sont à 139 et 159 euros. Fabriquées en Asie, elles sont dotées de fonctions micro et haut-parleur, permettant de voir, d'entendre et de parler, de jour comme de nuit, grâce à une vision infrarouge. Connectées en wi-fi, elles diffusent des images en HD (720p) 24 heures/24, et sont capables d'envoyer des alertes par email, SMS ou des appels vocaux en cas d'incident détecté. L'ensemble des données est crypté.
Via l'application dédiée, conçue par l'éditeur de logiciels Kiwatch, il est possible de prévenir les secours (Samu, pompiers, police ou gendarmerie) en un clic, ou simplement d'interagir avec ses proches. Une option à 5 euros permet d'envoyer un vigile sur place en cas de besoin. À ce jour, Kitwatch affiche 7.000 utilisateurs au compteur.
Six ans après sa création, la jeune pousse, fondée par deux quinquagénaires plongés dans l'univers des startups après un parcours dans des SSII régionales et l'accompagnement d'entreprises de l'électronique, vient de lever 3 millions d'euros pour renforcer son développement en France, préparer de nouvelles implantations en Europe par le biais de partenariats avec des distributeurs, et aussi affiner le développement des technologies vidéo. Un programme qui a séduit le fonds de capital-risque Entrepreneur Venture, le fonds de co-investissement Pays de la Loire Participations, géré par la Siparex, le fonds d'investissement breton Fair West et des investisseurs individuels, qui sont intervenus pour un montant de 2,15 millions d'euros, abondé par 850.000 euros de concours bancaires.
C'est la troisième levée de fonds menée par la jeune entreprise nantaise depuis sa naissance.
La première, menée en 2013 auprès de Fair West et de Business Angels, lui avait permis de prendre pied sur ce marché. Deux ans plus tard, Kiwatch faisait entrer au capital (10%) le breton Delta Dore, numéro 1 de la domotique, qui commercialise aujourd'hui, en marque blanche, la plateforme de vidéosurveillance élaborée par Kiwatch. Cette prise de participation et ce premier partenariat ont accru sa visibilité auprès des consommateurs, consolidé sa croissance, au point qu'elle a recruté l'ex-directeur commercial de Virgin Mobile.
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Dernièrement, un accord commercial a été conclu avec Zeop, premier opérateur de téléphonie à La Réunion, pour prendre pied sur ce marché de l'outre-mer.
À ce jour, la solution est commercialisée en direct sur son site Internet, par l'intermédiaire de Delta Dore et de Zeop, et le réseau de cinquante magasins Welcom'. Dans la continuité de la première campagne vidéo, « Attrapez le père Noël sur le fait », diffusée en 2016 sur Youtube et les réseaux sociaux pour sensibiliser les internautes aux infractions de fin d'année, Kiwatch, grâce à la dernière levée de fonds, s'ouvre cette fois les portes de la télévision.
Ces moyens financiers vont aussi renforcer la stratégie de R & D pour lancer très rapidement de nouvelles fonctionnalités comme le pilotage de la solution par la voix, la reconnaissance de mouvements, de formes ou d'objets, la personnalisation des alertes, la détection de chutes dans le cadre du maintien à domicile. Et ainsi ancrer l'entreprise dans le secteur de la « vidéo-bienveillance », moins stigmatisante que la vidéosurveillance.
Pour Kiwatch, ces évolutions doivent se traduire par un bond du chiffre d'affaires de 1,2 million d'euros en 2017 à... 5 millions d'euros fin 2018.
Frédéric Thual