Montoir - Saint-Nazaire devient un véritable hub pour la logistique d’Airbus
Frédéric Thual
Frédéric Thual
Nantes-Saint-Nazaire devient un véritable hub logistique pour Airbus. À partir du 3 octobre prochain, deux liaisons maritimes hebdomadaires seront lancées entre le site portuaire de Montoir-Saint-Nazaire dans l'estuaire de la Loire et le port de Hambourg. En mai 2018, une ligne mensuelle sera créée entre le hub nazairien et le site d'assemblage américain d'Airbus à Mobil, dans l'Alabama.
Face à l'augmentation des cadences de production sur les lignes d'assemblage pour les programmes mono-couloirs A320-A321 et l'A350, les seules rotations des cinq avions-cargos belugas ne suffisent plus à satisfaire la demande de transport. « En attendant la mise en service des futurs Belugas L attendus pour 2019-2020, nous avions besoin de trouver une nouvelle solution logistique », ajoute-t-il.
Une intensification du service
Désormais, quatre navires au lieu de trois assureront les liaisons entre les sites de production européens. Jusque-là exploité en Méditerranée, le navire « Ville de Bordeaux », va être basculé sur le Nord de l'Europe, pour assurer les liaisons hebdomadaires entre Montoir-Saint-Nazaire et Hambourg. Il interviendra alternativement au côté du « City of Hamburg », sur la ligne appelée Airbus North Milk Run.
Enfin, le « Ciudad of Cadix », assurera une rotation entre Bristol et Liverpool où sont chargées des ailes de l'A380 et d'A400 M à destination de Paulhiac, dans le Lot-et-Garonne, et Saint-Nazaire. Une intensification du service qui fait du port de Nantes-Saint-Nazaire une plaque tournante de l'acheminement des composants entrant dans la fabrication des A320, A321, A330, A350 et A380.
L'augmentation des cadences justifiant la création d'une ligne mensuelle en propre à partir de mai 2018, avec un départ tous les vingt-huit jours, environ.
Sans impact industriel, l'optimisation des cycles de préacheminements va permettre de réduire de 20% les coûts de transport américain et de générer un meilleur seuil de rentabilité. Pour Airbus, l'investissement atteindrait plusieurs millions d'euros par an, principalement pour l'affrètement de navires.
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Devenues légitimes au regard des cadences programmées, la création de ces lignes régulières va permettre de favoriser l'accueil de trafic tiers, et donc d'optimiser les coûts de transport.
Quand ils ne sont pas utilisés pour ramener l'outillage ayant servi aux transports des composants d'Airbus, les capacités peuvent atteindre jusqu'à 50% des volumes du navire.
Et offrir à Nantes Saint-Nazaire Port de nouvelles perspectives de développement.
En novembre 2016, déjà, Scania, l'un des leaders européens de la construction de camions, avait fait évoluer son schéma logistique pour exporter des poids lourds vers la Tunisie et le Maroc. Quatre cents camions assemblés sur le site de production d'Angers (49) devraient rejoindre le terminal roulier de Montoir tous les ans. Un site qui accueille les grands noms de la logistique industrielle ((CAT, GEFCO, GCA, IDEA). Il a été récemment reconfiguré pour accompagner les besoins des constructeurs automobiles (Renault, Peugeot, Citroën et Dacia) et aéronautiques (Airbus, Stélia, Spirit Aerosystems). Chaque année, y transitaient, jusqu'à présent, 100.000 véhicules neufs, 20.000 remorques et près de 900 tronçons aéronautiques XXL.
Frédéric Thual