Nantes se dote d'un Technocampus Alimentation

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(Crédits : DR)
Avec la création du Technocampus Alimentation, Région et Métropole offrent à la filière agroalimentaire une plateforme de recherche et de technologie mutualisée pour optimiser les liens entre recherche et industrie.

Ce doit être la vitrine de la filière agroalimentaire régionale.

« Et un lieu d'échanges entre industriels, chercheurs et institutionnels en faveur du développement des entreprises autour d'un travail collaboratif, de l'innovation et de la mutualisation », précise Stéphanie Houël, présidente du Groupement Technocampus et vice-présidente déléguée innovation, enseignement supérieur et recherche du conseil régional des Pays de la Loire.

« C'était une attente prégnante de la filière », reconnaît Arnaud Picot, fondateur de Capsulae, une spin-off spécialisée dans la microencapsulation, née dans le giron d' Oniris, l'École nationale vétérinaire, de l'agroalimentaire et de l'alimentation Nantes-Atlantique, il y a dix ans, et l'un des locataires du tout nouveau technocampus de l'alimentation. Installée sur 2.200 mètres carrés à l'est de Nantes, cette plateforme de recherche et de technologie mutualisée va réunir Capsulae, Foodinnov Development, Weenat, le centre technique Tecaliman, des organisations professionnelles, les associations Ligeriaa et Cap Aliment, le pôle de compétitivité Valorial en Pays de la Loire, l'Ifria, le cluster Végépolys...

« Cette proximité va concentrer des projets innovants et nous permettre de créer des synergies avec les acteurs présents sur le site, voire de proposer des offres communes », explique le spécialiste de la microencapsulation, tout récemment intégré au fabricant de poudres alimentaires rochelais Innovia, qui a pris 80% du capital de la startup en lui ouvrant de nouveaux horizons.

Un marché d'intérêt national

Implanté à proximité de l'Inra, d'Oniris et de la chambre d'agriculture, ce quatrième Technocampus (après les composites, il y a dix ans, la réalité virtuelle, la navale et les EMR) a nécessité un investissement de 5 millions d'euros, financés par la Région (3 millions d'euros), Nantes Métropole (950 000 euros) et l'Europe (Feder). Il doit contribuer à renforcer le premier secteur industriel de la région, riche de plus d'un millier d'entreprises (Fleury Michon, LDC, Sodebo, La Mie câline...) de près de 50.000 emplois et d'un chiffre d'affaires de 13 milliards d'euros.

Cela dit, « longtemps le développement de l'agroalimentaire a reposé sur l'expérimentation de nos recettes internes. À l'heure où Internet et le déploiement des technologies numériques donnent accès à tous les savoirs, nous avions besoin de repenser le modèle des productions alimentaires. Nous sommes passés d'une économie secrète et individualisée à une économie mutualisée et de partage.

L'ambition de ce Technocampus Alimentation est donc de favoriser la proximité et la connexion des compétences pour accélérer l'innovation », explique Raymond Doizon, ex-directeur général délégué de Fleury Michon et président de l'association Cap Aliment, gestionnaire et animatrice du Technocampus.

De l'autre côté de l'agglomération nantaise, la construction du Marché d'intérêt national, dont l'investissement atteint 138,5 millions d'euros, inscrite dans le cadre d'un Projet alimentaire territorial conclu avec l'État, s'accompagnera d'un pôle agroalimentaire de 34 hectares, dont 7 seront consacrés aux TPE-PME. D'ici là, les discussions propices à un rapprochement entre l'association Cap aliment, fédérant des acteurs des Pays de la Loire, et le pôle de compétitivité Valorial, présent en Normandie, en Bretagne et dans les Pays de la Loire, devraient avoir abouti. Pour éviter les doublons et gagner, là aussi, en lisibilité.

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Commentaires
a écrit le 28/02/2018 à 9:05 :
" pour optimiser les liens entre recherche et industrie"

C'est ce qui a mené à l'empoisonnement généralisé de l'alimentation que l'on connait, est-ce bien raisonnable d'insister sur cette voie ?

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