Restauration rapide : le groupe lyonnais Solexia croque le suisse Max Poulet
Marie-Annick Depagneux, à Lyon, Acteurs de l'économie
Marie-Annick Depagneux, à Lyon, Acteurs de l'économie
Crise ou pas, les gens doivent continuer à manger. Partant de ce constat, les deux fondateurs du groupe lyonnais Solexia, Hervé Kratiroff, président, et Eric Versini, DG, ont décidé de pousser les feux dans le secteur agroalimentaire. Ils ont ainsi conclu le 17 juin dernier le rachat de Max Natura AG, une société suisse de vente de poulets rôtis (fournis par Bell Poulet Suisse) sur le modèle itinérant : une flotte de 21 camions effectue des tournées dans les principales villes de la confédération helvétique.
L'entreprise, dont la marque Max Poulet est qualifiée de référence, s'appuie sur onze dépôts frigorifiques répartis dans le pays et 26 salariés pour 5,58 millions de francs suisses (4,54 millions d'euros) de revenus et 12 % d'Ebitda, en 2012. Cette acquisition, en ligne de mire depuis pas loin d'un an et demi, assure de surcroît à Solexia une ouverture sur l'international : « La confédération helvétique se porte bien et sa monnaie est forte », savoure Hervé Kratiroff. Cette opération, dont le montant n'est pas dévoilé - « mais nous l'avons payée cher » reconnaît le président - a été réalisée via Solexia Agro.
Un modèle économique magique
A cette SAS constituée en 2012 avec l'aide de CM-CIC Capital Finance, détenteur de 30 % du capital aux côtés du groupe Solexia (70 %), ont été raccrochées les deux autres filiales agro-alimentaires, situées en Haute-Loire. Il s'agit des Salaisons du Val d'Allier et de Vey (élevage, abattage et découpe de volailles) pesant respectivement 9,7 millions et 7,5 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Dans une volonté de ne pas dépendre d'une seule activité, afin de mieux répartir les risques, notamment conjoncturels, Solexia, fort de 180 collaborateurs, est aussi présent dans l'immobilier en France et République Tchèque (Valorel), le fret maritime dans les îles du nord des Antilles françaises (RMP Caraïbes), la fabrication et l'importation d'articles de coutellerie (Jodas à Thiers) et enfin le négoce de fleurs artificielles (Une fleur en Plus, en Haute-Loire).
Cet ensemble, a bénéficié de 5 millions d'euros d'investissement en 2012 et doit atteindre 41,1 millions de recettes consolidées, cette année, en hausse prévisionnelle de près de 16 %, hors l'emplette suisse. « Un modèle économique un peu magique », selon Christophe Tournier, directeur exécutif de CM-CIC Capital Finance.
Marie-Annick Depagneux, à Lyon, Acteurs de l'économie
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