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Kem One : nouvelle audience du tribunal de commerce le 18 décembre

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Pour leurs offres, les deux candidats à la reprise du fabricant de chlore et de PVC ont élaboré des plans de redressement très proches l’un de l’autre dans la mesure où ils ont été largement inspirés par l’actuelle direction de Kem One. © DR
Pour leurs offres, les deux candidats à la reprise du fabricant de chlore et de PVC ont élaboré des plans de redressement très proches l’un de l’autre dans la mesure où ils ont été largement inspirés par l’actuelle direction de Kem One. © DR (Crédits : Kem One)
Les deux candidats à la reprise du groupe chloro-chimique ont été auditionnés jeudi 11 décembre par le tribunal de commerce de Lyon qui a constaté la levée de toutes leurs clauses suspensives. Une nouvelle audience a été convoquée pour le mercredi 18 décembre, le temps que les documents commerciaux nécessaires soient rédigés. Le CCE aura un donner son avis le matin même.

Jour J pour le pétrochimiste Kem One SAS. A 14 heures ce jeudi 12 décembre 2013, le tribunal de commerce avait donné rendez-vous aux représentants du fonds d'investissement américain OpenGate Capital et à l'industriel français Alain de Krassny, les deux candidats à la reprise du fabricant de chlore et de PVC. Après les avoir auditionnés, les juges ont pris acte que toutes les conditions suspensives incluses dans leurs offres ont été levées.

Une décision assez rapide après le 18 décembre

Toutefois, à la demande de l'administrateur judiciaire, une nouvelle et ultime audience a été convoquée par le tribunal pour le mercredi 18 décembre, à 14 heures, afin de laisser le temps nécessaire, entre autres, à la rédaction en bonne et due forme de tous les accords commerciaux impliqués. Le comité central d'entreprise, qui avait refusé de choisir entre les offres jeudi matin, sera à nouveau consulté mercredi matin 18 décembre pour qu'il rende un avis. Le tribunal devrait rendre sa décision sur le choix du repreneur assez rapidement après cette nouvelle audience.

Intenses négociations

Kem One avait été placé en redressement judiciaire le 27 mars denier, soit huit mois après sa cession par Arkema à Gary Klesch, l'homme d'affaires anglo-américain. Après des semaines d'intenses tractations, les négociations pour la reprise du groupe se sont accélérées dans la dernière ligne droite, jusque tard dans la nuit de mercredi à jeudi. De l'avis général, une telle mobilisation, y compris des ministères concernés, est inédite. Elle se justifie par la complexité du dossier nécessitant d'obtenir, en particulier, des accords commerciaux écrits des différents fournisseurs de matières premières et d'énergie, au premier rang desquels Total et EDF.

Fournisseurs et Etat mis à contribution

Renégocier les conditions d'approvisionnement, tout en respectant les règles de la concurrence, était crucial car l'entreprise doit dégager des marges suffisantes pour consacrer une quarantaine de millions d'euros chaque année à la maintenance et adaptation de ses installations. L'Etat mettra aussi la main à la poche - via le FDES, le fonds de soutien aux entreprises - pour la conversion anticipée de la salle d'électrolyse de Lavera. Chiffrée à 150 millions d'euros, l'opération de bascule vers la technologie dite à membrane, est payée pour les 2/3 en avances remboursables et subventions publiques diverses, y compris de Bruxelles.

Deux plans de reprise très proches

Ces points ayant été résolus, OpenGate et Alain de Krassny ont élaboré chacun des plans de redressement très proches l'un de l'autre dans la mesure où ils ont été largement inspirés par l'actuelle direction de Kem One, dirigée par Frédéric Chalmin. La différence réside dans l'approche. Au plan financier, OpenGate a légèrement revalorisé au final son apport en fonds propres : 21 millions d'euros contre 20 millions au départ.

Augmentation de capital

Quant aux financements complémentaires, sous forme d'affacturage, et non plus de prêts classiques, ils ont été réduits à 45 millions (50 initialement). De son côté, Alain de Krassny, a confirmé à La Tribune une mise de 5 millions d'euros, sous forme d'augmentation de capital de Kem One SAS. Il assure également avoir obtenu sous forme de crédits, avances remboursables et autres aides les 195 millions d'euros attendus pour mener à bien son projet.

Le fonds et l'industriel

La différence tient encore à la nature de chacun des postulants : l'un, un fonds de retournement, n'a pas forcément vocation à rester au-delà d'un certain délai, même s'il s'en défend. L'autre a pour lui d'être un industriel - qui plus est dans la chimie - ayant montré sa capacité à bien gérer le groupe autrichien Danau Chemie qu'il a racheté en 1997. Mais son âge, 73 ans, peut être perçu comme un handicap d'autant qu'il s'implique ici, à titre personnel. « On est allé le chercher et il s'est pris au jeu », témoigne-t-on dans l'environnement de la juridiction consulaire.

Le CCE n'a pas choisi

Convoqué ce jeudi matin par Bruno Sapin, l'administrateur judiciaire, le CCE avait refusé de donner un avis sur l'une ou l'autre offre sur la table. Les représentants des salariés seront donc consultés une nouvelle mercredi matin 18 décembre, avant la nouvelle audience. Mais une fois n'est pas coutume, le tribunal n'aura pas à prendre sa décision à l'aune du nombre d'emplois sauvés. De fait, le plan de sauvegarde de l'emploi se limite à 51 personnes - sur 1 300 - à qui Arkema proposera des postes.

Les juges se donneront un temps de réflexion

Dans tous les cas de figure le tribunal ne rendra pas sa décision mercredi 18 décembre, mais assez rapidement dans les jours suivants, de l'avis des observateurs. Toujours est-il que le repreneur qui sera désigné est certain de récupérer Kem One Innovativ Vinyls SAS, la société aval produisant des composites et profilés ; Gary Klesch ayant signé en début de semaine l'accord de cession pour un euro de cette entité, employant quelque 1 300 salariés, et non concernée par la procédure judiciaire.

Un sauvetage nécessaire

Le sauvetage de Kem One s'est imposé comme une nécessité en raison des conséquences que pourrait entraîner une liquidation judiciaire. Tout d'abord pour Arkema : la CGT aurait réactivé son recours et l'aurait attaqué en justice sur la vente même de Kem One à Gary Klesch, en juillet 2012. Au-delà, du sinistre social - les 1 300 emplois de l'entreprise et « les 12.000 autres emplois qui par effet de domino » auraient été supprimés - cette disparition aurait été un pas de plus de la France vers la désindustrialisation.

Un socle industriel

«On est ici dans la chimie de base, un socle de l'industrie et un des secteurs les plus exportateurs », analyse un professionnel du domaine. Se serait aussi posée la question du vapocraqueur de Total à Lavera, qui travaille principalement pour Kem One. De façon collatérale, le projet de rapprochement des pôles vinyliques du suisse Ineos et du franco-belge Solvay aurait pu en pâtir du fait de la position dominante de cette co-entreprise si Kem One était sorti du paysage.

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