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La reprise de Kem One : le fonds OpenGate toujours en tête devant l’homme d’affaires Alain de Krassny

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La rentabilité est cruciale pour Kem One qui doit dégager un résultat d’exploitation suffisant pour investir 40 millions d’euros par an pour simplement maintenir ses installations industrielles. © Kem One
La rentabilité est cruciale pour Kem One qui doit dégager un résultat d’exploitation suffisant pour investir 40 millions d’euros par an pour simplement maintenir ses installations industrielles. © Kem One (Crédits : arkema)
Les candidats à la reprise du groupe chloro-chimiste sont convoqués ce vendredi 6 décembre par le juge commissaire du tribunal de commerce lyonnais pour présenter leur offre. Tout laisse à penser que les conditions suspensives ne seront levées que le 10 décembre, soit 48 heures avant l’audience au tribunal.

Ce vendredi 6 décembre, le juge commissaire en charge du dossier, au tribunal de commerce de Lyon, a convoqué les candidats à la reprise de Kem One SAS, le groupe chloro-chimiste, placé en redressement judicaire le 27 mars dernier, huit mois après avoir quitté le giron d'Arkema pour celui de l'homme d'affaires américain Gary Klesch.

70 millions d'euros sur la table

Le fonds d'investissement OpenGate Capital, basé à Los Angeles, Paris et Sao Paulo, fait plus que jamais figure de favori. C'est lui qui met le plus d'argent sur la table : 70 millions d'euros en capital et financements divers. Pour sa part, Alain de Krassny, 73 ans, ancien cadre chez Rhône-Poulenc, et propriétaire depuis 1997 de Donau Chemie Gmbh, en Autriche, n'injecte que 5 millions d'euros. Toutefois, il a tout dernièrement, indiqué aux autorités publiques qu'il pourrait mettre davantage.

La CGT se pose des questions

Quant à la CGT, elle se demande aujourd'hui si elle maintient son projet « Phoenix », porté par une association s'appuyant sur une fiducie, et dont Jean-Jack Queyranne, président PS de la Région Rhône-Alpes, a récemment plaidé la cause auprès d'Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif. « J'en veux à ce gouvernement. Malgré les discours de Matignon toutes les portes se sont fermées devant nous, y compris celle de Bpifrance que nous sollicitions pour 20 millions d'euros, confie à La Tribune, et avec amertume, Philippe Lemarchand, coordinateur de la CGT. Néanmoins, je ne regrette rien car notre démarche a fait bouger les lignes ».

Réelles avancées

OpenGate, par la voix de Sébastien Kiekert Le Moult, un des associés, se disait, en fin de semaine dernière, très satisfait « des avancées réelles avec Total » sur le prix de l'éthylène, principale matière première utilisée par le groupe chloro-chimiste. Ce dernier précisait toutefois que les différents accords n'étaient pas finalisés ni avec ce fournisseur et ni avec d'autres, tel Lyondellbasel.

Conditions suspensives

Les conditions suspensives ne sont pas non plus levées pour Alain de Krassny. D'ailleurs, tout laisse à penser que, le suspense planera jusqu'à la dernière minute, soit 48 heures avant l'audience du tribunal de commerce de Lyon prévue pour le 12 décembre prochain. «On se battra jusqu'au bout pour que chacun fasse des efforts supplémentaires pour sauver la chimie française. Ce dossier, très complexe, fait l'objet d'une mobilisation inégalée au plus haut niveau », insiste Jean-François Carenco, préfet de Rhône-Alpes.

40 millions d'euros à investir par an

Les tarifs d'approvisionnement sont cruciaux pour garantir la pérennité de l'entreprise qui doit dégager un résultat d'exploitation suffisant pour investir 40 millions d'euros chaque année, en moyenne, uniquement pour maintenir et adapter, en permanence, ses différentes installations industrielles. Dans son plan d'affaires, OpenGate Capital prévoit de dégager 40 millions d'Ebitda en 2014 (pour 974,3 millions d'euros de chiffre d'affaires) et Alain de Krassny, a budgété 18 millions d'Ebitda (pour 945 millions d'euros de ventes).

Amélioration de la rentabilité

La rentabilité s'améliorera beaucoup, une fois réalisée la conversion anticipée (par rapport à la réglementation européenne) de la salle d'électrolyse de Lavera qui doit abandonner la technologie du mercure pour celle de la membrane, moins consommatrice d'énergie. La facture évaluée à 150 millions d'euros sera réglée pour un tiers par le FDES (fonds de soutien aux entreprises) et un autre tiers par des subventions, notamment de Bruxelles.

Un passif restant estimé à 218 millions d'euros

Les offres s'effectuant par un plan dit de continuation, les candidats se doivent de prendre en charge le passif, estimé à 218 millions d'euros, une fois retraité des quelque 120 millions de dettes abandonnées. Les candidats repreneurs proposent soit un règlement immédiat à hauteur de 30 % des créances pour solde de tout compte, soit un remboursement à 100 %, sans intérêts, échelonné sur 7 annuités (OpenGate) ou dix annuités (Alain de Krassny).

PSE limité à 51 personnes sur plus de 1 200 salariés

Quant au volet social, pour lequel le CCE a commencé à être consulté les 2 et 3 décembre, il porte sur la suppression de 97 postes dont 46 sont vacants. Si bien que le plan de sauvegarde de l'emploi, se limite à « 51 personnes. Et Arkema s'est engagé à les réembaucher sur les bassins d'emploi où ils travaillent», précise Jean-Michel Rovida, coordinateur CFDT. Sont principalement concernés le siège Kem One de Lyon et le site de Pierre-Bénite. Pour les quelque 1 200 salariés conservés, OpenGate reconnaît avoir assoupli ses exigences de modération des salaires, prévues sur 2014 et 2015. En outre, le fonds a proposé un accord d'intéressement. L'« attitude responsable » des syndicats, jusqu'à ce jour, est unanimement appréciée.

 

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