« Libérer les données est un remède au manque de créativité »

 |   |  350  mots
Entretien avec Pierre-Marie Lehucher, DG chez Berger-Levrault

L'open data mobilise toutes celles et ceux qui font l'actualité du numérique. Acteurs publics, start-up ou entreprises de services y voient souvent l'opportunité de valoriser leur savoir-faire ou leur science de la communication : libérons les données, il en ressortira toujours quelque chose ! Il y a encore peu, ces données constituaient un patrimoine tangible, reflétant le mérite de ceux qui les avaient produites à travers un protocole d'acquisition rigoureux et justifiant que le fruit de ce travail ne soit ni galvaudé ni détourné des buts initiaux.

L'open data - à l'image des théories de la nouvelle coqueluche des gouvernants européens, Jérémy Rifkin - propose que le partage prévaut sur la propriété, que la libéralisation des données est un remède au manque de créativité ou de dynamisme de ceux qui les possèdent. Cette nouvelle approche peut aussi bien engendrer de graves désordres que créer une réelle valeur pour la société. Utiliser massivement des données sans rapport avec le cadre ayant motivé leur création - par exemple en matière de données personnelles, sur les déplacements ou la santé - peut créer inévitablement des réactions de rejet ou de méfiance et freiner d'utiles traitements porteurs de services à forte valeur ajoutée.

Créer des communautés d'utilisateurs, s'accordant sur un ou plusieurs objectifs, définissant des règles d'usage et mutualisant des ressources d'exploitation peut constituer un cadre harmonieux de partage de ce patrimoine. Par exemple, soucieux d'améliorer la performance de la mission des services qu'ils dirigent, les directeurs généraux des villes ont souhaité construire une plate-forme -commune - Connexité Premium - de benchmark d'indicateurs descriptifs de ces missions.

L'enfance, les activités périscolaires, le transport collectif... sont décrits dans une plate-forme unique qui collecte automatiquement les données disponibles sans risques d'exploitation commerciale ou d'usages non conformes. Un concept de smart cities se construit ainsi harmonieusement, entre praticiens avisés, au service d'objectifs précis et de services mesurables.  

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :