Anne Hidalgo : "La mutation apportée par le changement climatique doit être accompagnée socialement"
Patrick Cappelli
Patrick Cappelli
Les Gilets Jaunes doivent-ils accepter les répercussions de la transition écologique sur leur vie quotidienne? Pour Anne Hidalgo, maire de Paris, « la mutation apportée par le changement climatique doit être accompagnée socialement. Et elle ne l'est pas, ni à l'échelle de la France ni à celle de l'Europe ». L'ancienne inspectrice du travail évoque les années 80 et 90, une époque durant laquelle il existait un accompagnement social avec le fonds national pour l'emploi (créé en 1963) :
Aujourd'hui, selon Anne Hidalgo, les aides existantes ne suffisent pas. Elle suggère que l'ensemble des investissements énergétiques au niveau européen soit sorti du calcul de la dette.
Une proposition qui fait écho aux mille milliards d'euros par an pour la transition énergétique réclamés par l'économiste Pierre Larrouturou. Pour Dominique Bourg, philosophe et professeur à la faculté des géosciences et de l'environnement de l'université de Lausanne, « ce qui serait dramatique, ce serait d'opposer la fin du mois et la fin d'un monde. C'est le résultat de 30 ans de politique qui ont fait exploser les émissions de gaz à effet de serre (GES) et les inégalités dans une logique purement comptable aussi indifférente à la planète qu'aux gens ».
Avec 10% de la population mondiale qui émet 50 % des GES, on ne peut pas arrêter de taxer les sources de pollution, dont les véhicules, mais les gens « sont pris dans la nasse » selon le vice-président de la Fondation Nicolas Hulot. Et si la solution venait des collectivités locales ?
Pour la maire de Paris, la ville est le bon endroit pour nouer des alliances avec le secteur privé dans la construction, l'énergie, les mobilités, qui peuvent avoir un impact direct. Selon elle, la politique de la ville de Paris consistant à réduire le nombre de véhicules n'est pas rejetée par une majorité de la population comme on pourrait le croire.
Celui-ci a détaillé un peu plus tôt dans la journée son projet de mise en place d'une Zone à Faibles Émissions (ZFE) qui interdira les véhicules polluants arborant les certificats Crit'Air 5 et non classés à l'intérieur du périmètre de l'A86 à partir du 1er juillet 2019.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

« D'ici juillet 2019, nous allons lancer des actions de communication à destination des populations et ouvrir un guichet unique pour faciliter le changement de véhicule avec des aides cumulables de 16.500 euros maximum en fonction des revenus » détaille le président de la Métropole du Grand Paris. Fin 2021, l'interdiction des véhicules Crit'Air 4 et 5 sera effective, avec d'ici là des contrôles aléatoires.
Patrick Cappelli
Montagne : la Banque des Territoires investit 6 milliards d’euros pour réinventer l’économie des massifs
RTE prévoit 1,5 milliard d'investissements d'ici à 2035 en Auvergne-Rhône-Alpes
A 200 ans, la Verrerie de Saint-Just cherche un nouveau souffle dans le luxe
Avec sa nouvelle usine, Giffard mise sur l'essor des boissons sans alcool