Imaginons Paris à l'ouverture des J0 2024...

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Du 2 au 18 août 2024, sur 36 sites, sous un soleil de plomb, menaçant en raison des effets du changement climatique encore non jugulé, 50 000 bénévoles sont à l’œuvre pour que le rendez-vous avec le monde de cette 33e Olympiade soit un succès, avec ses 28 disciplines sportives, 360 médailles et 15 000 athlètes accueillis dans le village olympique.
Du 2 au 18 août 2024, sur 36 sites, sous un soleil de plomb, menaçant en raison des effets du changement climatique encore non jugulé, 50 000 bénévoles sont à l’œuvre pour que le rendez-vous avec le monde de cette 33e Olympiade soit un succès, avec ses 28 disciplines sportives, 360 médailles et 15 000 athlètes accueillis dans le village olympique. (Crédits : Reuters)
Le 2 août 2024, le coeur de 70 millions de Français bat la chamade. Au moins 4 milliards d'habitants de la planète s'apprêtent à suivre les Jeux de la 33e Olympiade dans un Paris, lointain successeur de celui qui a accueilli les Jeux en 1924. Par Carlos Moreno, spécialiste de la ville intelligente.

Flash-back avec 100 ans d'écart, et cinq générations. Quels changements ! La durée des 8es Jeux Olympiques de l'ère moderne a été de presque trois mois, allant du 4 mai au 27 juillet 1924. L'inauguration officielle, dernière apparition du baron de Coubertin, a eu lieu le 5 juillet, au stade de Colombes, spécialement construit pour l'occasion, en présence de 4 500 spectateurs. Paris ayant refusé le financement du Parc des Princes, le comité d'organisation a fait le choix de la banlieue et des régions. Versailles, Saint-Cloud, Bagatelle, Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux et Meudon ont accueilli des compétitions, ainsi que Reims, Meulan et Le Havre. L'État français a contribué au financement à hauteur de 20 millions de francs de l'époque, et la ville de Paris a fourni les terrains intra-muros pour les équipements sportifs et une subvention de 10 millions de francs.

Couvertes par 700 journalistes, 17 disciplines et 126 épreuves ont départagé les 3 080 athlètes, à 96 % des hommes, venus de 44 nations. L'Allemagne ne faisait pas partie des pays invités, au prétexte que la sécurité de ses représentants ne pouvait être assurée. Une étoile est née, Johnny Weissmuller, qui a raflé les médailles en natation, et est devenu peu après l'inoubliable Tarzan. Pour la première fois, les Jeux olympiques ont été retransmis par la radio grâce à la naissance du sans-fil avec la TSF, et à la maîtrise des ondes électromagnétiques.

L'histoire a tendance à l'oublier, mais les Jeux olympiques de 1924 ont vu également se dérouler 5 concours d'art, du 15 mars au 15 avril 1924, dans le même esprit : littérature, sculpture, musique, peinture et architecture.

Bond socio-territorial

Du 2 au 18 août 2024, sur 36 sites, sous un soleil de plomb, menaçant en raison des effets du changement climatique encore non jugulé, 50 000 bénévoles sont à l'oeuvre pour que le rendez-vous avec le monde de cette 33e olympiade soit un succès, avec ses 28 sports, 360 médailles et 15 000 athlètes accueillis dans le village olympique. La couverture mondiale est assurée par 25 000 journalistes venus du monde entier. L'élan est national, avec des épreuves décentralisées à Lille, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Saint-Étienne, Lyon et Marseille pour les tournois de football. Marseille vibre aussi en tant qu'organisatrice des épreuves de voile sur la base nautique du Roucas Blanc.

Lors de l'inauguration, le budget global de 6,6 milliards, dont 3 milliards hors du périmètre du comité organisateur des Jeux olympiques, se trouve en ligne avec les prévisions. Nerf de la guerre et objet de toutes les contestations lors de l'attribution des Jeux à Paris en 2017, il a finalement été tenu. Un milliard d'euros de l'État, 490 millions des collectivités et 1,51 milliard en provenance de fonds privés ont permis de faire faire un saut socioterritorial unique à des territoires qui, sept ans auparavant, n'étaient pas loin du déclin, par manque de moyens et de projets de long terme.

L'écoquartier le plus moderne de la métropole de Paris a vu le jour, occupé temporairement par le village olympique. Oui, Paris sera toujours Paris, ville éternelle, mais sous l'effet d'une nouvelle organisation territoriale, c'est une métropole européenne qui ouvre ses Jeux olympiques. La présidente de l'autorité métropolitaine, une femme fière de sa présence à la tribune, ancienne maire de la capitale française, prend place avec 78 000 personnes dans le Stade de France pour donner, avec le président de la République et les autorités olympiques, le top départ officiel de ces jeux qui sont venus souder l'esprit des néo-grands Parisiens, présents en nombre à ce rendez-vous sportif.

Les spectateurs omniconnectés par les réseaux basse consommation et à zonage local (LPWA) bénéficient d'une couverture très large des émotions sportives. La production audiovisuelle ubiquitaire multicanal, le marketing en temps réel et l'ensemble des dispositifs de suivi des événements, couplés aux réseaux de télécommunication de la nouvelle génération - le IANet avec le débit Ultra5G -, rendent possible la gestion des effets de réalité augmentée des performances sportives, qui sont suivis en 3D multimédia sur les écrans du monde entier. Les moteurs cognitifs et comportementaux permettent à l'intelligence artificielle de démultiplier les liens entre les événements sportifs et les interactions avec les spectateurs par les incrustations numériques à haut débit.

Les navettes autonomes inaugurées en 2018 dans la capitale récupèrent les informations de proximité et les demandes de mobilité de passants, et aménagent en temps réel des itinéraires, afin de proposer des parcours vers les voies multimodales des dessertes du Grand Paris Express.

La gare Pleyel à Saint-Denis est devenue, depuis un an, un vaisseau amiral pour les plus belles enseignes du commerce, et le lieu privilégié des rencontres pour les 250 000 personnes qui la fréquentent au quotidien. Qu'il est loin le temps où une gare était métallique et en profondeur, obscure, et éclairée par la lumière artificielle ! La colline verdoyante et arborée de Pleyel, abritant une gare en bois et bénéficiant de la lumière naturelle, même au niveau - 3, ravit les habitants d'un quartier rénové, autrefois fait de friches industrielles, et permet de gérer les transitions de six lignes.

Les paris sur l'avenir climatique restent ouverts

Fierté, aussi, pour les habitants de Clichy-Montfermeil, qui peuvent venir en trente minutes directement, soit pour travailler, soit pour flâner sur les sites des compétitions sportives de la Seine-Saint-Denis, leur territoire. Ou qui peuvent, grâce à la quasi flambant neuve ligne 16, emprunter l'une des multiples correspondances du super métro du Grand Paris Express et rejoindre Paris intra-muros, pour assister, par exemple, aux épreuves d'haltérophilie au Zénith, avec à peine deux changements. Depuis quelques mois déjà et pour quelque temps encore, Paris et l'ensemble du territoire sont le théâtre de rencontres internationales, d'engagements et de mobilisations concernant la lutte vitale qui se livre sur toute la planète : empêcher la hausse des températures et notamment que quelques degrés supplémentaires ne transforment la ville hôte des JO de 2028 en une fournaise. Cité côtière, Los Angeles est menacée au premier chef. Paris a tenu ses Jeux, mais les paris sur l'avenir climatique restent ouverts, au moment où la COP30 s'apprête à faire le bilan de ce qui ressemble à un suicide collectif de l'humanité.

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Commentaires
a écrit le 06/12/2017 à 13:41 :
Oui imaginons....des infrastructures cliquantes de mauvaise qualité qui très vite se déliteront...un bazar innommable dans Paris envahi de gens alcoolisés avec des émeutes ici et là d'autant que les casseurs seront de la partie....la police et l'armée partout.....ah oui j'oubliais....la note finale sera réglé par les mêmes.....😁
a écrit le 05/12/2017 à 15:55 :
Le président élu en 2022 renonce aux Jeux Olympiques et au gaspillage démentiel qu'ils auraient entraîné. Il s'attire la rancœur des méga-entreprises qui devaient se faire de l'or en coulant du béton...et celle des politiciens corrompus et complices qui espéraient voir gonfler leurs comptes à Malte et aux Iles Caïmans. L'argent économisé est utilisé pour redresser les hôpitaux, rénover les universités publiques, remettre en état les prisons, aider les sans emplois et créer des emplois utiles pour les chômeurs, créer des lieux d'accueil corrects pour les personnes âgées, soutenir les migrants.
On peut rêver !
Réponse de le 07/12/2017 à 10:16 :
Vous avez oublie de mentionner dans votre liste des paradis financiers la Coree du Sud qui est depuis peu l'endroit ideal pour arrondir ses fins de mois, tjrs d'apres certaines rumeurs.
Si seulement le futur president francais pouvait etre celui dont vous revez, alors revons.

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