Qu'un sélectionneur sexagénaire, en poste depuis plus de vingt ans, remporte la finale du tournoi olympique contre son grand rival : tel était le scénario rêvé. Le plan s'est déroulé sans accroc, mais le héros du film s'appelle Thorir Hergeirsson, le maître d'œuvre islandais de la Norvège, qui partage toutes ces caractéristiques avec Olivier Krumbholz. Un deuxième sacre olympique pour celui qui, pendant un quart de siècle, aura mené de somptueuses batailles face à son confrère, poliment salué.
Le Lorrain a eu le temps de réaliser qu'il n'aurait pas droit au final tant souhaité. Son expérience, riche de sept participations aux Jeux olympiques, lui a indiqué la direction du vent tôt dans la rencontre.
On jouait depuis cinquante-huit minutes et l'écart venait de remonter à 7 buts en faveur de la Norvège quand il s'est mis à applaudir ses joueuses, longuement. Moins pour les encourager à s'accrocher que pour les remercier. Pour la médaille d'argent, qui aura une saveur plus tard, mais surtout pour l'aventure commune qui s'est peut-être achevée. Il a eu 66 ans pendant le tournoi et pourra faire valoir ses droits à la retraite dans quelques mois. Lui seul sait s'il accompagnera le prochain titulaire du poste à l'Euro en novembre, comme le souhaitent ses dirigeants. Les accolades d'après-match ont eu un petit goût d'adieux. Krumbholz a pris ses joueuses dans ses bras un peu plus longtemps qu'il se l'était permis jusqu'à présent. Il n'y a jamais eu d'affect dans ses choix sportifs ; la compétition achevée, il a fait le choix de partager enfin ses émotions.