La douleur, ce compagnon de route
Soren Cherrier (avec Damien Burnier et Mickaël Caron)
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Simone Biles se faisant soigner durant les Jeux de Paris.
© LTD / Hannah McKay/Reuters
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Simone Biles se faisant soigner durant les Jeux de Paris.
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À bientôt 30 ans, Sofiane Oumiha a un « doudou ». C'est lui qui le confesse et il en sourit. L'image du boxeur français, assuré d'une médaille en 63,5 kilos (demi-finale aujourd'hui contre le Canadien Wyatt Sanford), en train de s'assoupir sur son lit en carton au village olympique avec une peluche lovée entre ses bras musclés est mignonne, mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Le médaillé d'argent poids légers à Rio en 2016 évoque plutôt une amie invisible : la douleur. Pas celle de l'effort ni celle qui escorte tout de suite la blessure, mais celle qui accompagne son quotidien. Le jour, la nuit. Au petit déjeuner. Devant la télé. Sous son casque. Dans ses gants. Celle dont on ne parle jamais tellement elle est là, si présente qu'on l'oublie. « Limite je ne suis pas bien si je n'en ai pas avant d'entrer en compétition, s'amuse-t-il. On a toujours des petits pépins physiques, ça fait partie de la vie d'un sportif de haut niveau. »
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Il n'y a pas un jour où le tennisman Corentin Moutet, 25 ans, se lève sans douleur, « et ce n'est jamais vraiment la même ». Cela peut être des courbatures « très poussées » de la veille, un mal qui se déclenche d'un coup, une blessure avec laquelle il doit composer, ce qui lui est « souvent arrivé ces cinq dernières années ». Il l'a banalisée. S'est construit dans cette souffrance. A appris jusqu'à quel point résister. Tous les athlètes le disent avec leurs mots : c'est le jeu quand on aspire à vivre de son sport et à viser les sommets. Il y a aussi un prix à payer après. L'ancien numéro 6 mondial de tennis Henri Leconte a vécu avec « une douleur constante du premier jour d'entraînement au dernier » de sa carrière. Avec trois hernies discales dont il a été opéré. « Et quand on arrête, poursuit-il, il y a des résidus. Des blessures qui reviennent. »
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