Paris 2024 : au para judo, l'olympiade main dans la main
Mickaël Caron
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Cyril Jonard, en 2020.
© LTD / THOMAS JOUHANNAUD/MAXPPP
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Cyril Jonard, en 2020.
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Pendant les trente minutes que nous avons passées avec Cyril Jonard lors d'un stage de l'équipe de France de para judo à Strasbourg, en avril, Jason Guillot n'a lâché sa main à aucun moment. Dessiner des symboles sur sa peau, autrement dit signer, est le seul moyen de communiquer avec le « papa » du collectif masculin, âgé de 48 ans, sourd et aveugle. À cause d'une maladie dégénérative, le Limougeaud ne distingue plus que des taches de lumière.
Ce langage singulier, Cyril Jonard l'a enseigné lui-même à son entraîneur. Leur projet commun est né de la distinction entre judokas malvoyants et non voyants, qui l'a remis en course pour une troisième médaille paralympique en moins de 81 kilos, dans la catégorie J1 (non-voyants). L'or à Athènes (2004) et l'argent à Pékin (2008) disent sa longévité exceptionnelle. Le sacre d'il y a vingt ans l'accompagnera toujours : sa fille, née en 2013, a été baptisée Athéna ; trois ans plus tard, elle était à ses côtés aux Jeux de Rio. Aujourd'hui, elle a un petit frère prénommé Naoki. Les yeux des enfants capturent les images des exploits du père, qui totalise dix titres mondiaux - autant que Teddy Riner - ainsi que plusieurs médailles aux Deaflympics, une compétition réservée aux sportifs sourds. Ses succès et ceux de Sandrine Martinet, l'autre championne paralympique quadragénaire du para judo tricolore, ont permis de développer la pratique et les moyens qui lui sont consacrés.
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Cyril Jonard a patiemment enseigné l'alphabet du toucher à Cyril Pagès, entraîneur de l'équipe de France, et à Jason Guillot. « D'abord les mots du quotidien, car nous sommes ensemble vingt-quatre heures sur vingt-quatre pendant les stages, puis un langage de plus en plus compliqué, spécifique au judo », détaille ce dernier. Un alphabet qui s'enrichit constamment et avec créativité : pour désigner son coéquipier Hélios Latchoumanaya, le quadragénaire a inventé un signe avec deux doigts levés en référence aux dreadlocks noués sur la tête du double champion du monde.
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