Jeux paralympiques : l'État rajoute 33 millions d'euros, confirme la ministre des Sports
latribune.fr
La ministre des Sports et des JO, Amélie Oudéa-Castéra, a fait le point sur l'organisation des JO à l'issue du Conseil des ministres (photo d'archive).
La ministre des Sports et des JO, Amélie Oudéa-Castéra, a confirmé ce mercredi qu'une rallonge de 33 millions d'euros sera accordée au comité d'organisation pour les Jeux paralympiques. À un mois de l'ouverture des JO, elle s'est aussi exprimée sur les inquiétudes liées à leur organisation, en raison du contexte politique et de l'état de la Seine.
C'est confirmé. Une rallonge de 33 millions d'euros a été validée ce mercredi lors du Conseil des ministres pour le comité d'organisation pour les Jeux paralympiques, selon l'entourage de la ministre des Sports et des JO, Amélie Oudéa-Castéra, auprès de l'AFP. Ce coup de pouce de l'État était en discussion ces dernières semaines, notamment du fait du démarrage timide des ventes de billets pour les Jeux paralympiques, avaient récemment rapporté plusieurs sources proches des JO à l'agence de presse. Les collectivités ont aussi « acté » l'apport d'une contribution supplémentaire aux Jeux paralympiques, d'après l'entourage de la ministre, sans plus de détails pour le moment.
Une preuve de plus que le slogan « Les Jeux financent les Jeux », longtemps répété par le gouvernement, n'en est rien. La facture totale ne sera connue qu'après la tenue de cette grande messe sportive. À l'automne 2023, l'État et les collectivités avaient déjà mis plus de 2,4 milliards d'euros d'argent public dans des infrastructures, des travaux urbains, mais aussi dans le laboratoire antidopage, selon des documents officiels. Une liste non-exhaustive. Il faudra en plus y intégrer, entre autres, les coûts liés à la sécurité publique et les primes distribuées aux fonctionnaires, en premier lieu les policiers.
Selon le président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, les investissements publics pourraient atteindre entre « trois » et « cinq milliards d'euros ». Réponse après les JO.
À l'issue du Conseil des ministres de ce mercredi, Amélie Oudéa-Castéra a aussi fait le point sur l'organisation des Jeux. À un mois tout juste de la cérémonie d'ouverture, prévue le 26 juillet, elle l'a assuré : « Nous sommes prêts ». Des mots déjà prononcés plus tôt dans la matinée par le préfet de police, Laurent Nunez. « Nous sommes très sereins et nous avons hâte que cela commence », a même ajouté le haut fonctionnaire au micro de France Inter.
Interrogée sur la situation politique et les risques encourus pour les JO, la ministre a réaffirmé qu'il fallait « un pilotage à la hauteur » pendant les Jeux. « Les grands événements sportifs, ce n'est pas du pilotage automatique, il y aura une série de décisions à prendre par les responsables politiques dans un contexte géopolitique qui est difficile, délicat, tendu. Il y aura des arbitrages en matière de sécurité, de transports et tout cela suppose un peu d'expérience de la gestion de l'État, de l'intérêt et du goût pour le projet », a-t-elle indiqué.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Reste que l'actuel ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a déjà fait savoir qu'il quitterait immédiatement ses fonctions en cas de défaite du camp présidentiel. Or, le camp macroniste ne ressort qu'en troisième position des intentions de vote dans les différents sondages, crédité de 19,5% à 22% des suffrages. Loin derrière le Nouveau Front populaire (NFP, entre 27% et 29,5%) et plus encore du Rassemblement National (RN) et ses alliés de droite (35% à 36%).
Deux mouvements qu'Amélie Oudéa-Castéra a renvoyé dos à dos. « Je vois un RN qui s'est toujours désintéressé et qui n'a fait qu'agiter les polémiques pour in fine dire qu'il ne changerait rien au dispositif ou de l'autre côté des équipes de LFI (La France Insoumise, un des partis composant le NFP, ndlr) qui ont systématiquement voté contre toutes les lois olympiques et qui ne connaissent rien au dispositif de sécurité », a-t-elle détaillé.
Depuis l'annonce de la dissolution, le comité d'organisation rassure de son côté en insistant sur « la continuité de l'État », se reposant sur le préfet de police de Paris, Laurent Nunez, d'Ile-de-France, Marc Guillaume, et le délégué interministériel aux JO, Michel Cadot.
L'état de la Seine pose encore question
Amélie Oudéa-Castéra s'est aussi exprimée sur le sujet de l'état de la Seine, qui doit accueillir la cérémonie d'ouverture des Jeux puis les épreuves de triathlon (30 et 31 juillet, 5 août), de natation-marathon (8 et 9 août) et de paratriathlon (1er et 2 septembre). Or, actuellement et même début juillet, ses eaux ne seront pas baignables, comme l'a encore confirmé ce mercredi matin le préfet de région. La faute à des fortes pluies ces dernières semaines, qui entraînent un débit trop important et une pollution de l'eau.
Pour la ministre, il n'y a toutefois « pas d'inquiétude à date ». « On a besoin d'une météo un peu plus clémente dans les jours à venir pour aller au bout de cet exercice », a-t-elle ajouté. Son de cloche identique du côté de la maire de Paris. Anne Hidalgo s'est dite, ce mercredi dans un entretien au journal Ouest-France, « très confiante » sur l'arrivée d'une météo favorable à temps pour les JO.
Si rien ne peut évidemment le garantir, l'espoir reste de mise. « Il est difficile de savoir maintenant ce qu'il va se passer au mois de juillet », mais il n'est pas exclu qu'une « dynamique rapide » fasse redescendre le débit à temps pour les Jeux, a indiqué la microbiologiste Françoise Lucas la semaine dernière. Un coup de pouce de Mère Nature plus qu'attendu. Et pour cause, le plan B pour la tenue des épreuves olympiques dans le cas d'une Seine non-baignable consiste à les reporter de quelques jours, et en aucun cas de changer de lieu.