L'IAGF, lanceur d'alerte pour la gestion des grands fleuves du monde
Marie-Annick Depagneux
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Marie-Annick Depagneux
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Et si les fleuves devenaient les arbitres de demain pour déminer les conflits entre les pays ? "Ils peuvent être un facteur de poids du dialogue", est convaincu Bertrand Porquet, secrétaire général d'Initiatives pour l'avenir des grands fleuves (IAGF). Le directeur stratégie de la Compagnie nationale du Rhône (CNR) cite l'exemple du fleuve que se partagent notamment le Sénégal et la Mauritanie, et véritable enjeu de collaboration entre ces pays dans un contexte de pénurie grandissante d'eau. La mission de l'IAGF est précisément d'aborder les fleuves - une première liste de 15 a été établie - dans leur "dimension économique, sociale et sociétale".
Lancé en octobre 2014 par la CNR fêtant alors ses 80 ans, l'IAGF s'est émancipée juridiquement de la société concessionnaire du Rhône, en prenant le statut d'association d'intérêt général, le 1er juillet dernier. La transformer en fondation, à part entière, est un objectif à l'horizon 2020. Et, à cette échéance, son budget annuel est espéré à 1,5 million d'euros alimenté par des souscripteurs publics et privés. Quel chemin parcouru à ce stade ? En 2015, l'économiste et académicien Erik Orsenna, président de l'IAGF, déplorait que la COP 21 avait oublié les fleuves. Lors des deux éditions suivantes, COP 22 et COP 23, "nous avons été acceptés autour de la table", rapporte Bertrand Porquet. Nous constituons une voix complémentaire forte et participons désormais à la réflexion ». Et ajoute-t-il : "Nous sommes intégrés au Forum mondial de l'eau", se déroulant au Brésil en mars prochain.
À lire également
Force de préconisation, l'IAGF organise deux fois par an des rencontres en France et à l'étranger sur une thématique. Ainsi, la 2ème session, en avril 2016 à Montréal, a abordé, le cas pratique de l'agrandissement du terminal portuaire Contrecoeur. La demande émanait de l'administration portuaire locale soucieuse de faire accepter cette extension par les populations concernées. La 4ème session, en mars 2017, a eu lieu à Itaipu au Paraguay. Là se situe le second barrage le plus puissant au monde. L'objectif était d'appréhender l'hydroélectricité de demain sous un angle pluridisciplinaire et d'identifier les actions que l'IAGF pourrait porter sur la scène internationale. La dernière session, en octobre dernier, organisée dans la Vallée du Rhône, s'est penchée sur la pollution fluviale.
Marie-Annick Depagneux
PFAS : la redevance sur les rejets aqueux est désormais suspendue au budget 2026
Face à la concurrence du Mercosur, les éleveurs du Cantal veulent préparer l'avenir
Malgré des vendanges moins volumineuses, le Beaujolais garde le cap
Matériaux stratégiques : Ferroglobe va suspendre sa production de silicium en Europe