Énergie : dans la Loire, Roanne explore la voie de la géothermie profonde
Stéphanie Gallo Triouleyre
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Un site de forage de géothermie profonde, comme l’envisage Roannais Agglomération. (Crédits : Cerema/Medde)
CEREMA/MEDDE
Dans le nord de la Loire, la communauté d’agglomération de Roanne étudie la piste de la géothermie profonde pour alimenter ses réseaux de chaleur et fournir de l’électricité. Si le dossier aboutit, elle serait l’un des premiers territoires du sud-est à se positionner. Les premières phases concrètes ont été déployées.
Il y a deux ans, Roannais Agglomération (100 000 habitants, 40 communes) se lançait dans un projet ambitieux : un investissement potentiel de 100 millions d'euros, visant à exploiter ses entrailles pour produire de l'électricité et/ou alimenter des réseaux de chaleur, avec les techniques de la géothermie profonde.
Depuis le début d'année, le projet est entré dans une phase plus concrète, avec le lancement des premières études de terrain basées sur la géologie, la sismologie, l'électromagnétisme et le magnéto tellurisme. Objectif, estimer la température de l'eau qui pourra être puisée, la porosité et l'imperméabilité des roches et rechercher les croisements de failles, ces intersections propices aux forages exploratoires de géothermie profonde.
Plus de 600 capteurs installés pour réaliser 1 300 relevés de mesures.
Les données sont en cours de traitement avant l'injection dans les modélisations que va préparer TLS, une entreprise spécialisée dans la géothermie et chargée par Roannais Agglomération des études d'exploration avant forage. Les résultats définitifs sont attendus pour 2026, mais ils seraient déjà suffisamment prometteurs pour que la petite agglomération ligérienne organise, la semaine dernière, sa première réunion publique sur le sujet.
Quelques interrogations y ont certes été exprimées sur des conséquences possibles comme la contamination des nappes et les phénomènes sismiques, mais, globalement, sans opposition notable pour l'heure, malgré l'image de la géothermie profonde, fortement dégradée en France par des événements sismiques survenus ces dernières années dans le Bas-Rhin et attribués à des procédés mal maîtrisés.
« Paradoxalement, même si ces événements ont nui fortement à la filière de la géothermie profonde, ils ont eu l'avantage de pousser l'État à construire des garde-fous importants et finalement à sécuriser l'ensemble des opérations », explique Matthieu Bellanger, géologue pour le compte de l'entreprise TLS.
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