Le nom de domaine ".vin" arrive bientôt malgré les oppositions

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Les viticulteurs craignent entre autres d'avoir à payer pour enregistrer leurs marques avec une adresse internet se terminant en .vin et .wine s'ils veulent éviter que celle-ci ne soit utilisée par un imposteur ou pour leur faire du tort. /Reuters
Les viticulteurs craignent entre autres d'avoir à payer pour enregistrer leurs marques avec une adresse internet se terminant en ".vin" et ".wine" s'ils veulent éviter que celle-ci ne soit utilisée par un imposteur ou pour leur faire du tort. /Reuters (Crédits : reuters.com)
L'Icann, société pour l'attribution des noms de domaine, a réaffirmé son projet d'autoriser ces nouvelles extensions, après examen de la procédure qui avait conduit à une approbation temporaire en mars.

Le nom de domaine de la discorde. Des adresses Internet se terminant en ".vin" ou son équivalent anglais ".wine" devraient faire leur apparition d'ici quelques mois, malgré l'opposition de plusieurs gouvernements européens et des producteurs de diverses régions viticoles.

Dans des documents consultés par l'AFP, l'organisme de régulation des noms de domaine Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) réaffirme en effet son projet d'autoriser ces nouvelles extensions. A cet égard, celui-ci explique qu'à l'issue d'une période d'examen de 60 jours, il n'a pas trouvé d'erreur dans la procédure qui avait conduit à une approbation temporaire en mars.

Aucune objection contre .vin ou .wine

L'Icann précise en outre dans un communiqué qu'au cours de la procédure entamée en 2011 en vue de créer de nouveaux noms de domaines "les parties opposées ont eu l'opportunité de communiquer des objections formelles (...) Aucune de ces objections n'a été communiquée contre .vin ou .wine." L'Icann maintient également avoir respecté les procédures prévues dans ses statuts.

Plusieurs gouvernements européens ont protesté publiquement ces derniers mois contre le projet, de même que des organisations représentant les producteurs de vin en Europe, mais aussi en Californie, soucieux de protéger la réputation d'appellations d'origine comme "Bordeaux" ou "Napa" (en Californie) par exemple.

Les viticulteurs craignent les imposteurs

Car protéger sa marque passe par l'achat d'un nom de domaine. Les viticulteurs craignent entre autres d'avoir à payer pour enregistrer leurs appellations avec une adresse Internet se terminant en ".vin" et ".wine" s'ils veulent éviter que celle-ci ne soit utilisée par un imposteur ou pour leur faire du tort.

Trois ministres français ont encore écrit la semaine dernière au président de la Commission européenne pour lui demander de refuser l'attribution de ces extensions Internet sans protection des appellations d'origine. Laurent Fabius (chargé des Affaires étrangères), Stéphane Le Foll (Agriculture) et Axelle Lemaire (Numérique) soulignaient que la procédure "menace de devenir un cas emblématique des dérives du système actuel de la gouvernance de l'Internet".

Un projet soutenu par Washington

Le gouvernement américain a en revanche apporté il y a quelques mois son soutien au projet, estimant dans une lettre que l'Icann serait:

"mal avisé (...) de chercher à identifier des comportements de mauvaise foi lors de l'utilisation d'appellations géographiques (...) quand les experts du monde entier sont incapables de le faire depuis des années".

Trois entreprises sont candidates pour tenir le registre des adresses en ".wine". L'Icann leur a donné jusqu'à janvier 2015 pour trouver un compromis, faute de quoi il organisera des enchères.

En revanche, pour ".vin", il n'y a qu'un seul candidat, l'américain Donuts Inc., qui commercialise déjà des noms de domaine tels que ".guru" et ".bike". Mais l'aboutissement de la procédure devrait quand même encore prendre quelques mois.

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Commentaires
a écrit le 13/06/2014 à 13:03 :
on est mauvais et nos alliés qui n'en sont pas sont à la fête... Que nous dépensions des milliards en subventions à des organismes tous plus incapables les uns que les autres de faire ce qu'il faut en temps voulu est lamentable et inacceptable.
Gageons cependant que les responsables qui ont fait défaut sauront se maintenir à leur poste pour mieux nous servir dans le futur...

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