Paris écrit à Bruxelles pour que les ".vin" n'aient pas leur domaine

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Dans leur lettre, les ministres estiment que la création de tels nom de domaines passe forcément par la protection des indications géographiques. /Reuters
Dans leur lettre, les ministres estiment que la création de tels nom de domaines passe forcément par la "protection des indications géographiques". /Reuters (Crédits : Reuters)
Trois ministres ont envoyé une lettre à la Commission européenne pour qu'elle empêche l'attribution des noms de domaine en ".vin" et ".wine". Ils craignent que cela nuise à la réputation des appellations d'origine, aussi bien françaises que californiennes.

Pour le vin, ce n'est pas juste une mise au point. Trois ministres français ont écrit au président de la Commission européenne José Manuel Barroso pour lui demander de refuser l'attribution d'extensions Internet en ".vin" et ".wine" par l'Icann, le régulateur de la toile, sans protection des appellations d'origine, selon un courrier que s'est procuré l'AFP.

"Le processus de délégation du ".vin" et du ".wine" menace de devenir un cas emblématique des dérives du système actuel de la gouvernance de l'Internet", s'alarment le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, le ministre de l'Agriculure Stéphane Le Foll et la secrétaire d'État au Numérique Axelle Lemaire dans leur courrier daté du 5 juin.

Inquiétude des professionnels du monde viticole

L'Icann , qui délivre de nouvelles extensions aux côtés des classiques ".com" et ".org", doit se prononcer prochainement sur l'attribution des ".vin" et ". wine", précieux pour le monde viticole, après l'expiration d'un délai de négociations le 3 juin.

Selon les ministres, les professionnels du vin de France, mais aussi d'ailleurs "sont extrêmement inquiets des décisions" que pourrait prendre l'Icann. Soucieux de protéger la réputation d'appellations d'origine, ces viticulteurs craignent également d'avoir à payer pour enregistrer leurs marques sur un site Internet en ".vin." ou ".wine" s'ils veulent éviter que celle-ci ne soit utilisée par un imposteur ou pour leur faire du tort.

Vers une offensive de Bruxelles ?

Dans leur lettre, les ministres estiment que la création de tels nom de domaines passe forcément par la "protection des indications géographiques", sans quoi elles ne peuvent être créées. Des suggestions qu'Axelle Lemaine avait faite en avril en prenant en exemple ces extensions de domaine, dans un entretien accordé au Point en marge du NETMundial, une conférence sur la régulation de la Toile. 

>> LIRE Un sommet pour régler l'épineuse réforme de la gouvernance de l'Internet

Plus largement, les trois membres du gouvernement français appellent  Bruxelles à passer à l'offensive pour permettre une réforme de la gouvernance de l'Icann, organisme de régulation qui a son siège en Californie et relève à ce titre, en dernière instance, du département du Commerce américain. 

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Commentaires
a écrit le 11/06/2014 à 19:23 :
Il est bien évident que tout cela est une affaire de gros sous et pas de technologie. En multipliant les extensions, on multiplie la vente de domaines internet car les marques sont un peu obligées de bloquer un maximum d'extensions avec leur nom.
Par ailleurs, certaines des nouvelles extensions sont 15 fois plus chères que les anciennes !
a écrit le 07/06/2014 à 7:04 :
Mais c'est du protectionnisme illégal en plus;
Moi ça fait des années que je boycotte le vin et l'alcool, et en plus, y a eut des affaires d'empoisonements aux pesticides (voir élèves et prof à Bordeaux récemment).
a écrit le 07/06/2014 à 6:33 :
Par rapport au TAFTA il faut pas oublier qu'ils préconisent la suppression du degré alcoolique. C'est sur que ils ne le feront pas sur le coca cola.
Memes nos ministres n'ont pas l'air au courant.
a écrit le 06/06/2014 à 20:19 :
Enorme !!!!

Nous vivons une époque formidable ou les dinosaures à l'article de la mort se ridiculisent à un niveau au dela du connu !

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