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Il n'a pas hésité à mettre les pieds dans le plat. Ce mardi, selon l'AFP, Jacob Zuma, le président de l'Afrique du Sud, était en visite au Nigeria. Son objectif était clair : faire du business. Accompagné de nombreux hommes d'affaires, il s'est notamment vanté d'avoir signé de nombreux accords bilatéraux. Mais un gros caillou est venu se glisser dans sa chaussure : l'affaire MTN. L'an dernier, ce groupe de télécommunications sud-africain a écopé d'une colossale amende de 3,9 milliards de dollars pour n'avoir pas désactivé à temps 5,2 millions de cartes SIM anonymes.
Premier opérateur du Nigéria (qui constitue de très loin son premier marché sur le continent africain), celui-ci est donc accusé par le gouvernement d'Abuja d'avoir nui à sa politique anti-Boko Haram. Sachant que les membres du groupe islamiste - responsables de plus de de 15.000 morts ces six dernières années, notamment dans le nord du pays - utilisent largement ces « SIM fantômes » pour s'organiser et perpétrer leurs massacres.
Comme le rapporte l'AFP, lors d'une conférence de presse avec son homologue sud-africain, le président nigérian Muhammadu Buhari n'a pas hésité à dézinguer publiquement MTN :
Une sortie qui semble montrer que le gouvernement nigérian ne souhaite pas passer l'éponge sur l'énorme infligée à MTN. Et ce, alors que le mois dernier, le géant sud-africain des télécoms a fait un geste pour revenir à la table des négociations : il a versé 250 millions de dollars aux autorités locales, tout en retirant son action en justice pour contester l'amende.
-> Lire aussi : SIM fantômes : MTN veut calmer le jeu au Nigeria
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Mais aux yeux de nombreux observateurs, Abuja ne lâchera pas facilement du lest sur ce dossier. Pourquoi ? D'une part parce que les finances publiques, largement dépendantes du pétrole, pâtissent de la chute du baril ces derniers mois. Et d'autre part, parce que MTN, fort de sa domination au Nigeria, se serait montré particulièrement « arrogant » vis-à-vis des autorités locales et notamment de la NCC, assure à La Tribune un fin connaisseur des télécoms africaines. C'est ce qui expliquerait, d'après lui, que l'opérateur n'ait pas songé à demander davantage de temps pour désactiver toutes ses cartes SIM anonymes dans le pays, à quelques jours de la date fixée par le régulateur des télécoms. Le bras de fer entre l'opérateur et le Nigeria est donc loin d'être fini.
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