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Un gros chèque pour calmer le jeu. La semaine dernière, MTN, le plus important opérateur mobile d'Afrique, et numéro un au Nigeria, a déboursé quelques 250 millions de dollars (50 milliards de nairas) auprès des autorités locales. Dans un communiqué, le géant sud-africain des télécoms qualifie l'initiative d'un « paiement de bonne foi » pour parvenir à « un règlement à l'amiable » dans l'affaires des cartes SIM fantômes. Pour mémoire, MTN est sous le coup d'une amende colossale de quelque 3,9 milliards de dollars pour n'avoir pas désactivé à temps quelques 5,2 millions d'abonnés non-identifiés sur son réseau. L'an dernier, le gouvernement d'Abuja a en effet demandé à tous les opérateurs mobiles d'en finir avec ces cartes SIM anonymes. Pour les autorités, il s'agissait d'un point important pour améliorer sa lutte contre Boko Haram, l'organisation terroriste islamiste, responsable de plusieurs milliers de morts dans le nord du pays ces dernières années.
Outre son chèque de 250 millions de dollars, MTN a également retiré son action en justice pour contester l'amende. En agissant de la sorte, le groupe met donc clairement de l'eau dans son vin. Il souhaite visiblement revenir à la table des négociations. De fait, pour le groupe, c'est peu dire que le Nigeria est stratégique. Directrice d'étude à l'Idate, un think tank spécialisé dans les télécoms, Sophie Lubrano le rappelle :
Surtout, le Nigeria constitue pour beaucoup un eldorado pour les opérateurs mobiles. « Conséquence de la guerre et de l'instabilité politique, c'est en pays très en retard dans les télécoms, poursuit Sophie Lugano. Seuls 35% des habitants disposent d'un mobile, alors qu'en Afrique, la moyenne est plutôt à 50%. C'est pourquoi on estime que d'ici à 2019, près 50 millions de nouvelles cartes SIM seront émises. »
Spécialiste des télécoms africaines chez BearingPoint, Jean-Michel Huet abonde en ce sens. « En Afrique, le Nigeria fait rêver tout le monde, souligne-t-il. Et pour cause : dans ce secteur, la taille du marché est directement liée à la taille de la population. Et au Nigeria, on avoisine les 200 millions d'habitants... »
Sous ce prisme, un départ de MTN du Nigeria apparaît donc très peu probable. Pour diminuer le montant de l'amende, le groupe pourrait menacer de suspendre ses investissements, souligne Jean-Michel Huet. Sachant que dans les télécoms, les réseaux se dégradent généralement très vite lorsqu'on les délaisse un certain temps. Mais pas sûr que les autorités nigérianes se montrent conciliantes. Confronté à la chute de ses revenus du pétrole et des mines, elles pourraient voir dans cette affaire une manière de renflouer ses caisses.
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D'autant que « les télécoms ont toujours été une très bonne vache à lait en Afrique », souligne Jean-Michel Huet. Pourquoi ? « Parce que contrairement à d'autres secteurs, rien n'est informel. » En clair, tous les chiffres liés aux télécommunications (voix et datas) sont disponibles. Cela permet ainsi d'évaluer précisément l'activité des entreprises, et de faciliter leur imposition.
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Dans ce contexte, difficile, pour l'heure, de savoir comment l'affaire se terminera. Dans la foulée de l'annonce par MTN de son versement de 250 millions de dollars, Victor Oluwadamilare, le porte-parole du ministère nigérian des communications, a déclaré, selon l'AFP, que le groupe était « fatigué d'être en justice et veut faire face à la réalité de l'amende »... MTN, pour sa part, n'a pas donné suite à nos sollicitations.
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