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Face aux critiques, Twitter multiplie les initiatives. Après avoir annoncé plus de transparence pour les publicités à caractère politique, le réseau social a indiqué, dans un communiqué publié ce jeudi 26 octobre, qu'il allait interdire aux comptes des médias russes RT et Sputnik de diffuser des contenus sponsorisés en raison de soupçons d'ingérence dans le déroulement de l'élection présidentielle de 2016.
Depuis plusieurs mois, les réseaux sociaux font l'objet de vives critiques pour leur rôle dans l'élection présidentielle américaine. Ils sont accusés d'avoir facilité la diffusion de la propagande venue de Russie pendant la campagne électorale qui a mené à la victoire, le républicain Donald Trump.
Convoqué devant une commission du Congrès américain enquêtant sur une possible ingérence russe dans l'élection américaine, un responsable de Twitter avait déclaré, le mois dernier, que RT (ex-Russia Today) "avait dépensé 274.000 dollars de contenus sponsorisés aux Etats-Unis en 2016".
Selon des chiffres rapportés par l'AFP, les trois comptes Twitter de RT "ont fait la promotion de 1.823 tweets qui visaient de façon certaine ou probable le marché américain. Ces campagnes ciblaient des utilisateurs abonnés à des comptes de médias traditionnels et mettaient essentiellement en avant des tweets concernant l'actualité", détaillait alors le groupe basé en Californie.
Le site de micro-blogging estime avoir perçu 1,9 million de dollars de la part de RT depuis 2011 dans le monde, pour des contenus sponsorisés, somme que le réseau social dit vouloir reverser à des chercheurs travaillant sur la façon dont Twitter peut être utilisé à des fins de manipulation politique.
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Dans le cadre d'un accord commercial, les entreprises peuvent diffuser des messages sur Twitter en ciblant des audiences bien précises grâce à des algorithmes. Ainsi des tweets peuvent apparaître dans le fil Twitter de certains utilisateurs même s'ils ne sont pas abonnés à ces comptes. Ces tweets peuvent faire la promotion d'autres comptes, qui peuvent, eux-mêmes diffuser des "fake news" rappelle l'AFP.
Face à la décision de Twitter, les médias et officiels russes n'ont pas tardé à réagir. La rédactrice en chef de RT Margarita Simonian a déclaré à l'agence russe Ria Novosti :
RT a également affirmé jeudi que Twitter l'avait incité à payer des contenus sponsorisés dans le cadre d'une opération de promotion de la couverture des élections américaines par la chaîne de télévision russe. RT indique avoir refusé à l'époque cette proposition en raison de son "prix excessif".
De son côté, Sputnik a, sur son site internet, qualifié la décision de Twitter de "regrettable". Son service de presse a aussi indiqué à l'AFP "n'avoir jamais fait de promotion sur Twitter". Sputnik est suivi "par des gens qui en ont assez des médias traditionnels et qui cherchent une perspective alternative sur l'actualité", a-t-on ajouté de même source.
Enfin, le ministère russe des Affaires étrangères a également vivement réagi à l'annonce de la plateforme. "Nous considérons cela comme un geste agressif (...) qui est le résultat de la pression d'une partie de 'l'establishment' américain et des services de renseignement. Des mesures de rétorsion, naturellement, vont suivre", a déclaré une porte-parole du ministère à Ria Novosti.
Selon un groupe de chercheurs membre de The Alliance for Securing Democracy, près de 600 comptes Twitter sont suspectés d'avoir des liens avec des opérations russes sur la campagne américaine. Mais au mois de juin dernier, le vice-président de Twitter Colin Crowel avait indiqué que la plateforme ne devait pas jouer le rôle d'arbitre sur la véracité ou non d'un message posté sur Twitter.
Interrogée par le New-York Times, la professeure d'université de Californie, spécialiste des médias et de la communication, Karen North a pris la défense des arguments de la compagnie. "Les fonctions de Twitter doivent être perçues comme un réseau de diffusion [...] Les gens disent des choses et chacun peut les entendre. Quand de fausses informations sont diffusées, les gens peuvent s'approprier cette fausse information et la remettre en cause". Reste à savoir comment les représentants des géants de la Tech vont se défendre devant la commission parlementaire au mois de novembre prochain. A quelques jours de l'audition des représentants de Google, Facebook et Twitter prévue le premier novembre prochain, la pression monte pour les Géants la Tech.
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(Avec agences)
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