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Il faut, dit-on, battre le fer quand il est chaud. Alors qu'Orange est aujourd'hui sous pression depuis que l'Arcep, le gendarme des télécoms, souhaite le réguler davantage dans la fibre optique pour permettre à la concurrence d'accélérer les investissements, SFR compte bien profiter de la situation. Ce lundi, lors d'une conférence de presse organisée à Paris, Michel Paulin, le directeur général de l'opérateur au carré rouge, n'a rien dévoilé de nouveau. En revanche, il a remis une couche de lobbying anti-Orange en vue d'obtenir, à terme, une plus grosse part du gâteau des réseaux en fibre optique de l'Hexagone.
Ce qui préoccupe SFR, c'est la couverture des zones dites « moyennement denses ». Elles concernent 12 millions de foyers, vivant dans les villes moyennes ou en périphérie des grandes agglomérations. En 2011, Orange et SFR se sont engagés à les couvrir en fibre optique d'ici à 2020, à hauteur de 80% pour l'ex-France Télécom contre 20% pour l'opérateur au carré rouge. Mais quand Patrick Drahi rafle SFR, en 2014, ce partage le fait sortir de ses gonds. En juin dernier, lors d'une audition par la Commission des affaires économiques du Sénat, le magnat des télécoms s'emporte :
Concrètement, comme Michel Paulin l'a souhaité lundi, « l'équilibre parfait serait un 50-50 » puisqu'« actuellement », selon lui, il y a « un déséquilibre trop fort ». Pour justifier une révision de l'accord de partage avec Orange, il a même affirmé que si rien n'était fait, l'objectif d'une couverture de ces foyers en 2020 « ne serait pas atteint », arguant qu'à ce jour, seules 2,5 millions d'habitations ont été raccordées. De quoi susciter l'émoi des pouvoirs publics, soucieux de montrer qu'ils font tout pour apporter un Internet rapide à leurs administrés...
Pour SFR, le moment est idéal pour remettre ce dossier, véritable pomme de discorde avec Orange, sur la table. Au début du mois, Sébastien Soriano, le patron de l'Arcep, a en effet indiqué qu'il songeait à rééquilibrer cet accord de partage. Au grand dam de l'opérateur historique qui estime, au contraire, qu'on ne peut pas comme cela décider de le jeter aux orties. Cela affecterait, dixit Stéphane Richard, son PDG, « le modèle économique sur lequel Orange a calculé la rentabilité de ses investissements ». En d'autres termes, même si SFR affiche une politique d'investissements plus volontariste depuis son rachat par Patrick Drahi, ce n'est pas son problème !
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Dans ce contexte tendu, Michel Paulin fait donc son possible pour présenter son groupe comme une locomotive indispensable pour couvrir la France en très haut débit. Pendant sa conférence de presse, il a ainsi indiqué qu'en 2016, le niveau de déploiement concernant les réseaux mobile (4G) et en fibre a été « exceptionnel ». Avant de louer, sans ménager ses efforts, ses sacro-saints « investissements » :
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Le message a, sans nul doute, été bien entendu.
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