Les data centers de FullSave relocalisent en France

Hugues-Olivier Dumez, à Toulouse - Objectif News

Hugues-Olivier Dumez, à Toulouse - Objectif News
C'est l'angoisse des chefs d'entreprise. À l'heure du tout numérique, une perte des données ou l'interruption d'un site Internet peuvent engendrer de graves conséquences économiques. Pour se protéger, les entreprises hébergent leurs serveurs à l'intérieur de centres de données entièrement sécurisés. Sans pour autant être à l'abri de la panne ou de la congestion.
Par exemple, relayé sur les réseaux sociaux le 9 mars dernier, l'hébergeur mondial Telehouse annonçait un problème de climatisation sur l'un de ses data centers parisiens, noeud important du Web français... Conséquence immédiate, l'augmentation de la température avait entraîné la coupure de plusieurs serveurs, gênant ainsi plusieurs opérateurs et acteurs importants du Net, avant le rétablissement du système de climatisation.
Pour pallier tout risque de congestion, les data centers historiquement concentrés sur la région parisienne tissent désormais progressivement leur toile sur l'ensemble du territoire. Tout en proposant des infrastructures de nouvelle génération qui innovent en matière de système de refroidissement ou de mesure de la consommation.
Cet hébergeur vient de construire dans le nord-ouest de Toulouse un centre de données de nouvelle génération, d'une puissance de 2 mégawatts et d'une superficie de 1.600 m2. Un investissement de 5 millions d'euros, soit deux fois le chiffre d'affaires actuel de FullSave.
Dans sa dernière cartographie des data centers en France, le magazine spécialisé Global Security Mag comptabilisait ainsi plus d'une cinquantaine d'usines à données en Île-de-France contre uniquement trois à Toulouse. Le Sud-Ouest semble particulièrement à la traîne : à l'extrême opposé, la métropole lilloise comptabilise déjà plus d'une dizaine de centres.
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Encore faut-il offrir les meilleures conditions d'hébergement, et en particulier la garantie de résilience. C'est-à-dire la capacité d'une architecture réseau de continuer de fonctionner en cas de panne. Justement le point fort du nouveau centre de données toulousain, baptisé TLS00, construit dans le quartier des Minimes.
Le choix du lieu est avant tout stratégique, puisqu'il est à proximité des voies de communication permettant de faire passer la fibre optique et à côté du point d'accès de l'électricité produite à la centrale nucléaire de Golfech. La peinture n'est pas encore sèche, les 260 baies, formes d'étagères à serveurs, ne sont pas encore déployées mais, déjà, Laurent Bacca loue les mérites de ce tout nouveau centre de données nouvelle génération.
Autre approche innovante, les clients hébergés dans ce nouveau centre de données pourront mesurer en temps réel la consommation énergétique du serveur. L'objectif étant bien sûr de quantifier son empreinte carbone dans une démarche de certification environnementale.
Lors de la visite de cet ancien entrepôt de radiateurs en fonte, entièrement réhabilité, pas question de noyer ses interlocuteurs dans le jargon du cloud computing.
Et de mettre l'accent sur la présence de quatre entrées d'adduction télécom, au lieu de deux en général, afin de permettre le raccordement à différents opérateurs.
Autre facteur clé pour la résilience, le data center dispose de deux réseaux électriques, deux transformateurs et deux groupes électrogènes. De quoi se mettre à l'abri d'une panne et fonctionner en autarcie pendant plus de soixante-douze heures. Un ensemble d'arguments qui ont déjà séduit plusieurs dirigeants toulousains, à l'image de Patrick Dubois d'Enghien, PDG de la société de services informatiques Agiciel, qui développe des applications pour Danone ou Airbus Group. Le chef d'entreprise prévoit de transférer la totalité des données actuellement hébergées à Dallas vers ce nouveau centre de données TLS00.
« Ce rapatriement est motivé par de nombreuses raisons, explique ainsi Patrick Dubois d'Enghien. La première est technique, car il est infiniment plus rapide de faire transiter des données de Toulouse à Toulouse sans devoir transiter par les États-Unis... Il y a ensuite un besoin légitime de sécurité, de proximité et de résilience : TLS00 utilise les dernières technologies et permet à Toulouse d'être ainsi à la pointe du progrès. »
Hugues-Olivier Dumez, à Toulouse - Objectif News
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