Le Campus Cyber, le nouveau bâtiment totem de la cybersécurité française, peut-il devenir un véritable centre opérationnel au-delà d'un lieu à paillettes ? Pour la startup Gatewatcher, l'une des têtes d'affiche de l'écosystème, c'est un grand « oui ». Non seulement cet éditeur d'un logiciel de détection des cyberattaques faisait partie des premiers à adhérer au projet et à réserver des bureaux, mais l'entreprise y a aussi déménagé l'intégralité de ses équipes, soit 85 salariés, là où la plupart des locataires n'en envoient qu'une partie, parfois à temps partiel.
Jacques de la Rivière, CEO et co-fondateur de Gatewatcher, croit dur comme fer au rôle du Campus Cyber, à la fois dans la consolidation de l'écosystème français de la cybersécurité et dans l'émergence de nouveaux champions. Au point de se présenter aux prochaines élections du conseil d'administration du Campus dans le collège « PME et ETI » aux côtés du dirigeant d'une autre pépite cyber française, YesWeHack. Début juillet, le dirigeant a donc accueilli La Tribune dans les locaux de l'entreprise, situés dans l'un des trois « pétales » - nom donné aux espaces en raison de l'architecture du lieu - du deuxième étage.
Passé le portique d'entrée du pétale, un grand écran diffuse une démo du logiciel édité par Gatewatcher, un NDR (network detection and response software) dans le jargon. Le dirigeant l'a fait installer pour attirer l'œil des nombreux visiteurs quotidiens du lieu depuis son ouverture en février. On y voit des points reliés entre eux par grappes : chaque point correspond à une machine, et chaque grappe à un sous-réseau. Le rôle du logiciel ? Analyser ce qu'il se passe entre les points. Plus exactement, il analyse les paquets réseaux, c'est-à-dire les données en circulation. Il décortique le contenu de ces paquets à la recherche de menaces connues, mais il observe également leur enveloppe à la recherche de menaces inconnues, les malfaiteurs utilisant généralement le même type d'enveloppes pour leurs cyberattaques.