En décembre 2020, tous les projecteurs du monde informatique se tournaient vers SolarWinds, un éditeur inconnu du grand public. Des chercheurs en cybersécurité venaient de découvrir la corruption à la racine d'Orion, son logiciel de gestion de réseaux. Grâce à l'insertion d'un morceau de code malveillant dans la structure du logiciel, qui avait échappé aux détections de SolarWinds, des hackers avaient espionné pendant plusieurs mois des dizaines de clients de l'entreprise. Parmi les victimes -dont la liste exacte reste floue- se trouvaient plusieurs branches du gouvernement américain, et quelques grandes entreprises technologiques du pays. Le feuilleton s'est étendu sur plus de six mois, au gré des conclusions de diverses enquêtes. La Maison Blanche s'est elle-même emparée du dossier, jusqu'à accuser une branche du renseignement russe, le SVR, d'être à l'origine de l'attaque, une attribution extrêmement rare dans le milieu très prudent de la cybersécurité.
Deux ans après la cyberattaque, SolarWinds souhaite relancer sa trajectoire de croissance et s'attaque à de nouveaux marchés dont l'Asie mais aussi l'Europe et plus particulièrement la France. L'entreprise revendique 300.000 clients -le même nombre qu'avant l'attaque- dont une large majorité du Fortune 500 [un classement des plus grandes entreprises américaines, ndlr]. Elle dégage 650 millions de dollars de revenus récurrents annuels et vise le milliard de dollars à moyen terme. Après un coût d'arrêt en 2021, l'entreprise va être de nouveau rentable en 2022, et vient de lancer un nouveau produit. Arrivé chez SolarWinds juste après la découverte de la cyberattaque, le directeur général (CEO) Sudhakar Ramakrishna défend auprès de La Tribune sa gestion de la crise, et estime avoir redressé et même amélioré la réputation de l'entreprise.
LA TRIBUNE - Quelles mesures avez-vous prises pour limiter les conséquences néfastes de la cyberattaque sur votre réputation ?