Vérification d'âge sur Internet : la main discrète de Google dans la future application de l'UE

Bogdan Bodnar
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La nouvelle a ravi la ministre de l'IA et du Numérique, Clara Chappaz. Le 14 juillet, la Commission européenne a annoncé le lancement d'un projet pilote réunissant cinq pays, dont la France, pour tester une application de vérification de l'âge des internautes. L'objectif est clair : empêcher les mineurs d'accéder à des contenus en ligne jugés dangereux, notamment sur les réseaux sociaux et les sites pour adultes.
Ce dispositif, modulable selon les législations nationales, doit permettre aux utilisateurs de prouver simplement qu'ils ont plus de 18 ans, sans transmettre d'informations supplémentaires à l'hébergeur. Concrètement, il s'agit d'une base technologique, proposée sous forme de kit adaptable, que les États pourront déployer en interne pour renforcer leurs lois de contrôle d'âge sur le web. « Grâce à ces lignes directrices, l'interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans devient possible. C'est une étape décisive et attendue pour protéger nos enfants », a déclaré Clara Chappaz dans un communiqué. Emmanuel Macron en a remis une couche de son côté, sur le réseau X (ex-Twitter), qualifiant cette avancée de « victoire pour la protection de nos enfants ». Pourtant, le point le plus déterminant, et paradoxalement le moins mis en lumière, reste la technologie employée et progressivement dévoilée par Bruxelles : le zero-knowledge proof, en français, la preuve à divulgation nulle de connaissance.
Le communiqué de l'Union européenne évoque brièvement cette technologie dans son communiqué, mettant en avant son rôle dans le renforcement de l'anonymat des transactions et l'engagement fort en faveur d'une innovation respectueuse de la vie privée. Bruxelles affirme qu'elle garantit le plus haut niveau de protection des données personnelles.
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Concrètement, les preuves à divulgation nulle de connaissance (Zero-Knowledge Proofs, ou ZKP) permettent de vérifier qu'une information est authentique sans en révéler le contenu. À titre d'exemple, au lieu de transmettre sa date de naissance, l'internaute fournit une preuve mathématique certifiant qu'il a plus de 18 ans, sans que le site ait accès à la date exacte ni à aucune donnée personnelle. Le secret réside dans un code cryptographique : l'information est d'abord vérifiée localement, puis transformée en une preuve unique, impossible à rattacher à d'autres usages ou à un utilisateur. Ainsi, les plateformes peuvent contrôler l'accès à leurs services sans jamais stocker ni même consulter les données sensibles.
Bogdan Bodnar
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