Olafur Eliasson : l'artiste qui donne à tous accès à la lumière
Dorian Perron
Dorian Perron
Artiste star de la deuxième phase du programme d'inauguration de la Fondation Louis Vuitton pour l'art contemporain avec son exposition Contact, Olafur Eliasson a plus d'un tour dans sa poche. À travers un projet artistique et innovant sur le plan technologique, il affiche son ambition de procurer de la lumière fonctionnant "à l'énergie propre" à des populations qui n'ont pas accès à l'électricité, tout en stimulant fortement l'économie locale.
Né à Copenhague de parents islandais, aujourd'hui âgé de 47 ans, Olafur Eliasson expose partout dans le monde depuis 1997. The Weather au Tate Modern à Londres, Green River et The New York City Waterfalls (gigantesque chute d'eau respectueuse de l'environnement installée sur le littoral de Manhattan et Brooklyn durant l'été 2008) comptent parmi ses expositions et projets d'art public ayant eu le plus grand retentissement. Pour réaliser ses œuvres, pour beaucoup d'entre elles monumentales, l'artiste emploie un effectif considérable de près de 100 personnes au sein de son gigantesque atelier berlinois, installé dans une ancienne brasserie.
Avec la volonté perpétuelle d'intégrer l'art à l'espace sous toutes ses formes, l'exposition Contact, qui ouvre ses portes ce mercredi 17 décembre à la Fondation Louis Vuitton à Paris, ne déroge pas à la règle. Composée de nombreux dispositifs optiques créant illusion sur illusion, elle aspire à être une "oeuvre d'art totale" selon les propres mots de l'artiste. Elle fait ainsi écho à Inside The Horizon, l'oeuvre d'extérieur composée de miroirs et de panneaux de lumière orange, réalisée de manière permanente pour le bâtiment de la Fondation située en plein cœur du Bois de Boulogne.
En 2012, Olafur Eliasson fonde Little Sun avec l'ingénieur Frederik Ottesen. Cet acronyme désigne d'abord un objet, une petite lampe solaire à LED de haute qualité en forme de fleur, le "premier objet d'art qui produit de l'énergie propre" selon l'artiste danois qui l'a designée. Vendue 22 euros en ligne, mais aussi en édition limitée spéciale signée par l'artiste, elle est décrite par le site internet de Little Sun comme l'"unique combinaison d'un magnifique design et d'un travail d'ingénieur de qualité exceptionnelle". Nominée au Designs of the Year Award en 2013, elle explore pleinement les potentialités de la LED et de l'énergie solaire.
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En effet, grâce à une cellule photovoltaïque produite par Sun Power - qui alimente également
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Little Sun est également un business d'envergure mondiale visant à fournir de la lumière de façon abordable aux communautés qui n'ont pas accès à l'électricité. Le projet dispose d'une dimension sociale forte, qui se manifeste par les autres buts poursuivis par l'entreprise : créer des emplois en entraînant de jeunes entrepreneurs locaux à devenir des vendeurs efficaces et générer des profits dans les régions "off-grid" (hors réseau électrique).
Avec une approche différente des fondations, Little Sun insiste davantage sur une vision à long-terme. "Little Sun n'est pas une association charitative. Nous nous focalisons sur la construction de business locaux qui distribuent Little Sun." Le modèle a de quoi faire rêver par sa dimension durable et respectueuse des populations locales. Les résultats semblent être au rendez-vous avec déjà 200.000 lampes Little Sun vendues en deux ans, dont plus de 93.000 dans les zones déconnectées du réseau électrique mondial, 200 entrepreneurs africains mobilisés ... et plus de 2,2 millions de dollars de dépenses d'énergie économisées pour les foyers des zones où le réseau électrique est inaccessible.
Ce projet social est aussi écologique, le site internet de Little Sun indiquant une réduction de plus de 6.300 tonnes d'émissions de CO2 grâce au projet. Il observe un retentissement particulier dans l'oeuvre d'Olafur Eliasson. S'adressant à Laurence Bossé et Hans Ulrich Obrist, commissaires de l'exposition Contact à la Fondation Louis Vuitton, il déclarait :
Avec Little Sun, Olafur Eliasson voit l'occasion rêvée de conjuguer deux de ses préoccupations artistiques majeures dans un projet matériel : la lumière et le "mesh" (réseau). Reconnecter les zones du monde "hors réseau" pour lutter contre le dérèglement climatique, tout cela dans une démarche durable et sociale est un pari. Un pari à tenir sur le long-terme.
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Pour en savoir plus sur Olafur Eliasson, ci-dessous, la vidéo de sa conférence TED intitulée "Jouer avec l'espace et la lumière" (2009), sous-titrée en français et transcrite par Charlène Barré, révision Ruby Veerapen.
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