Aymeric Barthes, inventeur du "robot désherbeur"
Patrick Cappelli

barthes
DR
Patrick Cappelli

barthes
DR
Eherbes à la main : une tâche ingrate et difficile pour les maraîchers, qui pourrait bien disparaître grâce au robot Oz de Naïo Technologies. La startup toulousaine a mis au point deux autres robots autonomes et électriques : Dino pour les légumes, et Ted pour la viticulture. Avant de se lancer dans cette aventure robotique, Aymeric Barthes, cofondateur de Naïo Technologies avec Gaëtan Séverac, a commencé sa carrière professionnelle dans l'informatique.
Diplômé, il enchaîne avec un CDD de six mois dans l'entreprise qui lui permet d'acquérir une première expérience professionnelle.
Il intègre ensuite Artal Technologies, société de services informatiques située près de Toulouse, pour laquelle il réalise différentes missions. Mais l'envie de créer sa propre entreprise démange le jeune ingénieur.
En mai 2010, Gaëtan Séverac, futur cofondateur de Naïo Technologies, se rend à la Fête de l'asperge de Pontonx-sur-l'Adour, et discute avec un producteur qui lui fait part de ses problèmes de désherbage. Passionné de robotique, Gaëtan Séverac commence à nourrir le projet d'un robot pour automatiser ce métier pénible. Début 2011, les deux élèves de l'Institut méditerranéen d'étude et de recherche en informatique et robotique (Imerir) envisagent la création d'une entreprise de robotique.
Son cofondateur, lui, a commencé une thèse sur la communication des robots dans l'espace. De mars 2012 à octobre 2013, le natif de L'Union est donc seul à se consacrer à plein temps au démarrage de la jeune société. L'année 2012 est consacrée aux études de marché et à la réalisation d'un premier prototype, un échec.
Pour financer le développement de ce premier robot, Naïo Technologies se tourne vers le crowdfunding, une pratique qui débute alors en France. La première levée sur le site Ulule en 2013 rapporte 8.000 euros. Plus que prévu, mais insuffisant pour embaucher.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

L'entreprise réalise une troisième levée de fonds, à la fois sur les plateformes SmartAngels à Paris et Wiseed à Toulouse, et auprès de business angels, qui lui rapporte 730.000 euros. Cet argent permet à la startup agtech de mettre au point deux nouveaux robots : Dino pour les gros maraîchers, et Ted pour les viticulteurs, pour un prix d'environ 80 000 euros chacun selon les modèles.
Fin 2015, nouvelle levée, de 2 millions d'euros, auprès des fonds d'investissement Demeter Ventures et CapAgro, pour continuer le développement des trois robots. Naïo Technologies commence à commercialiser son robot Oz et assure le service après-vente, jusqu'à aller finir le désherbage à la main quand le robot n'a pas enlevé toutes les mauvaises herbes. En 2014, Naïo Technologies vend sept robots Oz : 15 en 2015, 21 en 2016 et 33 en 2017.
La startup emploie aujourd'hui une trentaine de personnes, dont un tiers pour la R & D, un tiers pour l'aspect commercial et SAV, et un tiers sur la fonction support.
Moqués au départ par des agriculteurs sceptiques, les robots désherbeurs ont depuis conquis la profession en France, en attendant de séduire les agriculteurs du monde entier.
____
Patrick Cappelli