Et donc, l'action SpaceX passe sous son prix d'introduction en Bourse

Buste d'Elon Musk à Brownsville, au Texas, où se situe un centre SpaceX.
/FW1HFS/Billy Mallard - REUTERS - Gabriel V. Cardenas - Gabriel V. Cardenas

Buste d'Elon Musk à Brownsville, au Texas, où se situe un centre SpaceX.
/FW1HFS/Billy Mallard - REUTERS - Gabriel V. Cardenas - Gabriel V. Cardenas
Un mois après une introduction en Bourse historique, SpaceX est retombée sous son prix d’émission, les investisseurs attendant désormais des preuves de la capacité du groupe à justifier une valorisation hors normes malgré des pertes encore massives. L’action SpaceX est passée mercredi sous le seuil symbolique des 135 dollars, le prix fixé lors de son introduction en Bourse le 12 juin. Vers 17 heures GMT, le titre reculait de 1,26 %, à 134,36 dollars, dans un marché américain peu animé.
Ce retour sous le prix d’introduction marque un net changement d’ambiance après des débuts spectaculaires. Dès sa première séance de cotation, le titre avait bondi de plus de 19 %, avant d’atteindre plus de 225 dollars quelques jours plus tard, porté par un enthousiasme exceptionnel des investisseurs.
L’opération restera l’une des plus marquantes de l’histoire des marchés financiers. Grâce à une demande bien supérieure aux attentes, SpaceX avait levé 85,7 milliards de dollars, un montant record. Cette envolée a également été alimentée par une évolution des règles du Nasdaq. En mai, la place boursière a décidé de permettre aux très grandes capitalisations d’intégrer le Nasdaq 100 après seulement quinze séances de cotation, contre trois mois auparavant. SpaceX a ainsi rejoint l’indice début juillet. Cette entrée rapide a mécaniquement soutenu le cours. Les fonds indiciels répliquant le Nasdaq 100, qui gèrent désormais plus de 1.400 milliards de dollars d’actifs, ont dû acheter massivement des actions SpaceX afin de refléter la nouvelle composition de l’indice.
Une fois cet effet technique dissipé, les investisseurs se montrent plus prudents face à une entreprise dont la valorisation repose largement sur ses perspectives futures. « Lorsqu’une entreprise se négocie à plus de 100 fois son chiffre d’affaires (par rapport à sa capitalisation, ndlr), cela signifie que les attentes à son égard sont très élevées », soulignait fin juin Patrick O’Hare, de Briefing.com. « Je pense donc simplement que l’enthousiasme suscité par l’introduction en Bourse a un peu pris le dessus », ajoutait l’analyste.
Le marché attend désormais les prochains résultats trimestriels du groupe, qui réunit les activités spatiales avec Starship, le réseau de satellites Starlink ainsi que le laboratoire d’intelligence artificielle xAI. Ces publications seront particulièrement scrutées alors que les comptes de 2025 font apparaître plusieurs milliards de dollars de pertes annuelles.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

Pour certains analystes, ce recul ne remet toutefois pas en cause le potentiel de long terme du groupe dirigé par Elon Musk. Pour Nancy Tengler, du cabinet Laffer Tengler Investments, « Amazon a connu une situation similaire » à SpaceX : « son cours avait augmenté après son introduction en Bourse, mais la société a ensuite connu une décennie de performances médiocres ». En « transformant nos modes de vie », Amazon a ensuite fait exploser sa capitalisation boursière, rappelle-t-elle, estimant que SpaceX pourrait suivre une trajectoire comparable.
Le groupe mise sur plusieurs paris technologiques de très long terme, de la conquête de Mars au déploiement de centres de données destinés à l’intelligence artificielle directement en orbite.
À plus court terme, les analystes n’excluent cependant pas une poursuite de la baisse du titre. D’ici la fin de l’été, une partie des investisseurs historiques sera autorisée à céder ses actions, ce qui pourrait accroître la pression vendeuse et permettre à ces premiers actionnaires d’encaisser d’importantes plus-values.