Guillaume Nedelec propose une appli pour la planète foot

Patrick Cappelli

Patrick Cappelli
Guillaume Nedelec est né dans une famille de journalistes.
Il aurait dû logiquement atterrir dans la rédaction d'un quotidien ou d'un magazine, comme son père, passé par Nice-Matin et La Provence, ou sa soeur, rédactrice en chef du service culture et politique à Gala. Malgré son diplôme de l'EJCM (École de journalisme et de communication de Marseille), il a préféré l'aventure entrepreneuriale à l'écriture. Après avoir fait quelques piges pour des sites Web, La Provence ou encore le groupe NRJ, le jeune journaliste entrevoit avec dix ans d'avance le potentiel de la rédaction de contenus ad hoc pour les entreprises.
En 2015, il imagine de développer « un média social autour d'une passion populaire, et de le dupliquer en cas de succès ».
Son choix se porte très vite sur le football, sport roi et gros générateur de commentaires sur les réseaux sociaux.
En 2016, il crée la société We Love Group avec quatre associés, puis dépose la marque We Love Football. Cette application mobile gratuite, disponible sur l'Apple Store et Google Play, a pour but de mettre en relation les amateurs du ballon rond via une plateforme d'échange de vidéos d'une quinzaine de secondes. Mais « de façon funky », en utilisant le fameux swipe, cette action de balayer une photo de gauche à droite pour la valider, ou de droite à gauche pour la rejeter, un geste rendu célèbre par le site de rencontres Tinder.
Autre originalité de l'appli : les internautes qui postent des petits films peuvent gagner des points, échangeables ensuite contre des cadeaux comme des ballons de foot, mais également des consoles de jeux PlayStation de Sony ou des Xbox de Microsoft.
Une date de lancement, fin septembre, qui peut sembler étonnante. En effet, l'Euro de football s'est déroulé dans l'Hexagone en juin et juillet derniers. Pourquoi ne pas avoir profité de cette formidable opportunité pour diffuser l'application pendant une compétition suivie par des dizaines de millions de téléspectateurs en France, et des centaines de millions dans le monde ?
Mais grâce au relais de médias comme TF1, qui a présenté We Love Football dans l'émission Téléfoot, l'appli mobile a déjà séduit plus de 20 000 utilisateurs.
We Love Group vient de boucler une première levée de fonds de 500.000 euros en love money (capitaux apportés par la famille et les amis). Une somme qui va servir à réaliser des campagnes de notoriété sur le Web et à structurer l'entreprise en embauchant développeurs et community managers, indispensables pour animer la communauté des « football lovers ».
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

Le modèle économique est double : diffusion de publicités en mode programmatique (avec création d'une régie à partir de 500.000 utilisateurs), et mise en place d'opérations spéciales en publicité native (native advertising) pour les marques. Prochaines étapes : décliner l'appli sur le basket et les sports extrêmes, et diffuser We Love Football à l'international. Une nouvelle levée de fonds de plusieurs millions d'euros est envisagée début 2017 pour ouvrir la plateforme à tous les utilisateurs, le réseau étant pour l'instant réservé aux abonnés de Facebook. « Cela nous permettra de constituer une base de données conséquente et d'attaquer le marché chinois, où Facebook n'est pas présent » ajoute Guillaume Nedelec, qui espère conquérir rapidement toute la planète football.
_____
TIMELINE
Patrick Cappelli
« Affaire Doctolib » : pas de vente de données aux géants américains, mais un modèle d'hébergement à clarifier
Anthropic veut instaurer une « pédale de frein » dans la course mondiale à l’IA
« Anticiper le coût du token sur cinq ans, c’est impossible » : les entreprises face à l'explosion de la facture de l'IA
IA : la douche froide Broadcom fait vaciller les stars européennes des semi-conducteurs