Depuis six mois, un drone achemine cinq fois par jour des échantillons biologiques entre l’hôpital de Verneuil-sur-Avre dans l’Eure et un laboratoire situé à 30 kilomètres. C’est la première ligne autorisée en France.Des tubes à essai transportés par la voie des airs. Depuis octobre 2024, ce n'est plus un coursier motorisé mais un drone qui achemine les prélèvements biologiques effectués au service des urgences de l'hôpital de Verneuil-sur-Avre (Eure) jusqu'au laboratoire de L'Aigle (Orne). Cinq fois par jour et cinq jours sur sept, l'engin capable d'embarquer jusqu'à 250 tubes décolle du « vertiport » installé dans l'enceinte du centre hospitalier. Direction le centre d'analyses du groupe Cerballiance situé à 30 kilomètres de là. Un trajet qu'il parcourt en 15 à 20 minutes.
L'opération est bien rodée. En l'espace de six mois, le drone a parcouru la bagatelle de 12.000 kilomètres et réalisé « sans incident » quelque 410 rotations. A la clé, moins de véhicules sur les routes de la campagne normande. Mais surtout un gain de temps salutaire pour les équipes médicales et leurs patients. « Lorsque nous faisons appel à un chauffeur pour une urgence, celui-ci doit se rendre au centre hospitalier, ce qui prend en moyenne 15 à 30 minutes selon l'heure. De plus, le trajet routier est soumis à toutes sortes d'aléas », rappelle Dr Arnaud Depil Duval, chef du service des urgences.
Un remède à la désertification médicale
La ligne, qui ne survole aucune zone densément peuplée, est la première de ce type autorisée en routine par les autorités françaises qui n'avaient jusqu'ici permis que des expérimentations. « Nous avons pu apporter la démonstration de sa sécurité à la DGAC qui a bien conscience qu'il ne s'agit pas d'un gadget », fait valoir Gauthier Dhaussy, co-fondateur de la start-up rouennaise Delivrone qui opère la liaison. Laquelle est d'ailleurs appelée à se renforcer avec un fonctionnement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, dans le courant du second semestre. « Grâce à une automatisation plus poussée, le drone ne volera plus à heure fixe mais à chaque fois que les responsables des urgences en auront besoin ».
Au-delà de l'innovation technologique proprement dite, la solution déployée entre l'Eure et l'Orne préfigure le bouleversement qui attend la logistique hospitalière dans les années à venir. Notamment dans les zones sous-dotées en praticiens et équipements comme c'est le cas à Verneuil-sur-Avre. Les structures publiques et privées qui procèdent aux analyses biologiques étant de plus en plus concentrées, le transport d'échantillons par la voie des airs est d'évidence appelé à monter en puissance.