Drones : comment la France veut puissamment monter au front
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Le drone américain Reaper (MALE) équipe l'armée de l'air française
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Le drone américain Reaper (MALE) équipe l'armée de l'air française
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Depuis plus de 20 ans, la révolution des drones a eu beaucoup de mal à s'imposer au sein des armées françaises. C'est encore le cas dans les armées, qui sont toujours très faiblement dotées en drone. Quand l'Ukraine a produit un million de drones l'an dernier pour se défendre contre l'invasion russe, l'Armée de Terre en comptait seulement 5.000 en 2024. « On le voit bien que cette révolution est engagée et nous Français, nous avons pris du retard. On a pris du retard pendant pratiquement 15 ou 20 ans en n'ayant pas vu un certain nombre de révolutions sous nos yeux pensant que c'était des parenthèses », a d'ailleurs rappelé fin février à Blois le ministre des Armées
« On a fait le constat dès 2022 d'un vrai besoin de rattraper notre retard et de développer une filière nationale solide », estime-t-on au ministère des Armées. D'autant que Sébastien Lecornu estime que les drones, tout comme le spatial, réorganisent le champ de bataille d'aujourd'hui et de demain sur le terrain technologique. C'est également vrai dans la lutte anti-drones où les armées avaient encore il y a peu de nombreuses lacunes capacitaires dont certaines ont pu être enfin résorbées. Mais pas encore toutes.
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Les causes de ce fiasco dans le domaine des drones sont multiples et historiques. Qu'ils le reconnaissent ou pas, politiques, industriels et militaires ont tour à tour porté la responsabilité de cet échec cuisant sur plus de deux décennies en dépit d'une base industrielle et technologique de défense (BITD) française pourtant performante sur des segments beaucoup plus pointus. Mais, ils ont tous échoué à penser « drone » comme Israël et d'autres pays ont pourtant réussi à le faire. Les industriels (Airbus, Dassault Aviation, Safran et Thales) se sont déchirés dès la fin des années 90 pour le pilotage de ces programmes tandis que les pouvoirs publics ont été incapables de donner un cap sur le long terme et surtout une impulsion autoritaire en vue de doter les armées de cette capacité, qui n'est aujourd'hui plus vraiment si nouvelle.