Vidéosurveillance algorithmique dans l'espace public : à peine prolongée, et déjà menacée...
Simon Prigent
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Huit types de situations ont été retenues dans le premier appel d'offres du ministère de l'Intérieur, allant de la détection des mouvements de foules, à la présence d'objets abandonnés.
Reuters
Vidéosurveillance algorithmique dans l'espace public : à peine prolongée, et déjà menacée...
L’autorisation de la vidéosurveillance algorithmique dans l’espace public aurait dû se terminer le 31 mars. Mais le Parlement a acté cette semaine sa prolongation pour deux ans. Le groupe LFI à l’Assemblée nationale et le député Modem Philippe Latombe vont saisir le Conseil constitutionnel.
Souriez, vous êtes filmé. Ou plutôt, vos mouvements sont enregistrés par des caméras de vidéosurveillance et peuvent faire l'objet d'un traitement algorithmique. Si vous avez pris les transports en commun cet été pour assister aux Jeux olympiques sur le réseau de la RATP par exemple, vous êtes probablement passé dans le champ de ces caméras augmentées, autorisées à titre expérimental dans le cadre de la loi relative aux JO, adoptée en 2023.
Un appel d'offres a été lancé à l'époque par le ministère de l'Intérieur. Les start-up françaises Wintics, Videtics, et ChapsVision ont ainsi été sélectionnées pour déployer les solutions algorithmiques de vidéosurveillance, pour détecter huit types de situations lors d'événements sportifs et culturels, comme la détection des mouvements de foules, la densité trop importante de personnes dans un même endroit ou encore la présence d'objets abandonnés.
Bilan mitigé
Un rapport piloté par le haut fonctionnaire Christian Vigouroux, et rendu public par le ministère de l'Intérieur en février, dresse un bilan mitigé de ces dispositifs, dont plusieurs des cas d'usages n'ont même pas été mis en place par la RATP et la SNCF, acteurs principaux du déploiement de cette technologie.
Ces deux opérateurs de transports ainsi que les entreprises spécialisées dans cette technologie demandent néanmoins de pérenniser le dispositif ou, au moins, d'étendre la durée de l'expérimentation et d'élargir les cas d'usage.
Car, comme le prévoit la loi relative aux Jeux olympiques et paralympiques, ce cadre législatif est censé s'éteindre au 31 mars 2025. Dans le contexte de la dissolution de juin 2024, qui a produit un embouteillage de textes législatifs au Parlement en ce début 2025, le gouvernement a opté pour le système D pour tenter de prolonger l'expérimentation. Il a fait voter à l'Assemblée nationale, début février, un amendement dans le cadre de la proposition de loi sur la sécurité dans les transports, portée initialement par l'ex-sénateur LR Philippe Tabarot, devenu entre-temps ministre chargé des Transports du gouvernement Bayrou.
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