Mobilité : et si Tripndrive avait trouvé la réponse au problème du stationnement urbain ?

La jeune pousse lancée en 2013 tisse sa toile dans l'Hexagone et propose désormais 18 solutions de stationnement gratuit aux propriétaires de véhicules en Ile-de-France, contre la location de leur véhicule. Explications.
Mounia Van de Casteele
Nicolas Cosme, Arthur de Keyser et François-Xavier Leduc, les trois co-fondateurs de Tripndrive
Nicolas Cosme, Arthur de Keyser et François-Xavier Leduc, les trois co-fondateurs de Tripndrive (Crédits : DR)

"Les voitures dorment 95% du temps". Tel est le constat duquel sont partis les fondateurs de la jeune pousse Tripndrive, pour proposer des services répondant aux besoins des automobilistes en ville. C'est ainsi qu'après trois ans d'existence, la startup permettant aux propriétaires d'une voiture de bénéficier gratuitement d'une place de parking dans les principaux aéroports et gares de France, en échange de la location de leur véhicule, a décidé d'aller encore plus loin. Et de proposer dès ce mercredi 20 avril, une solution pour les automobilistes parisiens en mal de stationnement.

18 parkings gratuits à Paris, moyennant contrepartie

Grâce à un partenariat avec l'opérateur de stationnement Urbis Park (qui gère 70.000 places en France), Tripndrive élargit son offre francilienne à plusieurs arrondissements de la capitale. Et propose désormais 18 emplacements de parking (Pigalle, Nation, Porte d'Italie, Porte de Versailles, Maison de la Radio...), dont six en gares et deux aux aéroports de Roissy et Orly.

Finies donc les longues heures passées désespérément en quête d'une place - des études ont montré qu'un automobiliste passerait en moyenne une année de sa vie à en chercher. Et plus besoin de débourser une fortune en location de parking (autour de 100 euros par mois à Paris par exemple) non plus.

Combiner stationnement et location

Concrètement, la startup lancée en 2013 par Arthur de Keyser, François-Xavier Leduc et Nicolas Cosme permet aux voyageurs de ne plus se soucier de leur véhicule une fois celui-ci garé dans l'un de ses parcs de stationnement. L'entreprise offre le parking et se charge de louer la voiture à un membre de la communauté, mais aussi de l'assurance, du contrôle d'identité des propriétaires et locataires et du paiement. L'identité et la solvabilité des utilisateurs sont systématiquement contrôlées et toutes les voitures mises à disposition sont couvertes tous risques par Allianz assurance.

 "Non seulement les propriétaires économisent une place de parking, qui coûte plutôt cher à l'aéroport, mais en plus ils touchent une petite rémunération en contre-partie de la location de leur véhicule", explique à La Tribune l'un des co-fondateurs François-Xavier Leduc. Leur véhicule doit toutefois être en parfait état (contrôle technique à jour), avoir moins de douze ans et moins de 180.000 kilomètres au compteur.

Au départ, la startup a commencé par lancer son offre à Orly. Avant de choisir l'aéroport de Bordeaux, comme deuxième pôle, "compte-tenu du flux extrêmement récurrent de professionnels", précise François-Xavier Leduc.

Avant de poursuivre:

"17% des usagers du service utilisent un pan de l'offre (la location de voiture) et découvrent l'autre ensuite (laisser sa voiture en location). Nous avons un taux de réutilisation du service très élevé, de l'ordre de 40% à six mois pour les propriétaires et de 27% pour les locataires", se réjouit l'entrepreneur.

Voiture individuelle : un pas vers la dépossession

Cependant un tel service ne risque-t-il pas de pousser les automobilistes à ne pas se séparer de leur véhicule, voire d'inciter à l'usage de la voiture ? Pas aux yeux de Nicolas Louvet, directeur de l'institut de recherche 6-t, selon lequel, Tripndrive fait partie de la multitude d'offres des Uber, Blablacar et autres Zipcar:

"Autant de nouveaux outils qui vont dans le sens du processus de dépossession de la voiture, et permettront en tout cas de retarder un potentiel acte d'achat de la part des particuliers".

Oui mais pour que la mayonnaise prenne, encore faut-il que l'entreprise atteigne une taille critique en termes de locataires et de propriétaires, analyse-t-il.

100 parcs de stationnement d'ici fin 2016

La jeune pousse compte aujourd'hui 2.000 clients par mois, dont 60% de locataires et 40% de propriétaires de voitures. Et compte bien passer de 40.000 utilisateurs à 90.000 d'ici la fin de l'année. C'est d'ailleurs dans ce sens qu'elle a récemment noué un autre partenariat, avec Citroën, lui permettant de lui garantir un minimum de flux en zone urbaine. L'objectif étant de proposer 40 parcs de stationnement à Paris et 100 en France, d'ici la fin de l'année.

Mounia Van de Casteele

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