PearCode, la deeptech qui stocke les données numériques sur ADN
Gaëlle Cloarec
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Melpomeni Dimopoulou, dirigeante et co-fondatrice de la deeptech PearCode.
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Melpomeni Dimopoulou, dirigeante et co-fondatrice de la deeptech PearCode.
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Trois cents exaoctets. C'est, en 2025, le volume de données numériques générées et stockées chaque jour dans le monde, soit l'équivalent d'un siècle d'archives audiovisuelles en Europe toutes les 24 heures. Une masse d'informations colossale dont environ 70 % ne serviront pas ou peu, mais qu'il convient de conserver, ne serait-ce que pour répondre aux obligations réglementaires. Résultat : comme ces vieux cartons poussiéreux qui encombrent les greniers, ces data dites « froides » engorgent les espaces de stockage, physiques ou dans le cloud, entrainant un coût certain. Tant financier qu'environnemental.
Face à cette problématique dont le caractère inflationniste ne fait aucun doute, transformation digitale des sociétés et accélération de l'IA obligent, la solution de stockage sur ADN synthétique prend corps. Il faut dire que cette technologie novatrice dispose d'arguments pour convaincre. « Un seul gramme d'ADN peut héberger le volume de données d'un data center entier, et ce pour des milliers d'années sans perte aucune, ni consommation énergétique une fois celles-ci stockées », explique Melpomeni Dimopoulou, dirigeante et co-fondatrice de la deeptech PearCode.
Fondée en 2022 à Sophia Antipolis, près de Nice, l'entreprise s'intéresse à cette approche révolutionnaire et développe « une mémoire ADN » qui ne relève désormais plus de la science-fiction. « La solution existe. Nous sommes déjà en mesure de proposer ces services de stockage pour des marchés de niche. Tout le défi tient aujourd'hui dans l'automatisation des procédures de lecture et d'écriture des données ». Deux étapes primordiales qui devraient être franchies dans deux ans pour la première, dans quatre ans pour la seconde, selon la feuille de route - prudente - de la jeune pousse. « Si le financement est assez élevé, nous pourrons y arriver plus tôt. »
Car la course au passage à l'échelle industrielle est bel et bien lancée. Sur la ligne de départ, des start-up européennes et américaines, des unités de recherche et groupements académiques ainsi que quelques grands groupes. Lesquels misent sur cette typologie de stockage durable et à haute intensité pour prendre position sur un marché qui devrait atteindre, selon les estimations, 137 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2029.
Gaëlle Cloarec