La mobilité à la française est collective, partagée, innovante et souveraine
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MINISTÈRE DE L'AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE LA DÉCENTRALISATION
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Des taxis autonomes à Paris, comme à San Francisco ? Pas question de céder à cette vision futuriste ! « C'est une approche autosoliste qui détruit de la valeur », s'exclame Benjamin Beaudet, le directeur général de beti et bertolami, une entreprise de mobilité automatisée. « Au prix de 7 dollars le kilomètre, ce système individuel est nettement plus cher qu'un transport public, et c'est l'inverse de la tradition française ! », renchérit Aurore Fabre Landry, fondatrice et dirigeante de Sustainable Mobilities. A l'occasion de la conférence sur les mobilités de demain, qui s'est tenue le 23 juin au ministère des Transports, ces experts des mobilités durables ont, avec d'autres spécialistes, et bien sûr, Philippe Tabarot, ministre auprès du ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation, chargé des Transports, détaillé la philosophie française en matière de mobilités. Celle d'aujourd'hui et de demain.
Certes, la route, très développée dans l'Hexagone, reste l'infrastructure dominante et la voiture le moyen de choix pour les déplacements. Mais « il s'agit de mieux répartir l'espace public, entre voitures, transports collectifs, vélos... », relève Quentin Barenne, cofondateur de Wintics, une start-up spécialisée dans l'analyse de flux vidéo destiné aux villes, aux aéroports, aux gares... « Et la technologie aide à apaiser la situation », ajoute Morgane Castanier, directrice clients, marketing et technologies à la SNCF Gares & Connexions. Les outils à base d'intelligence artificielle, que proposent nombre de jeunes pousses françaises, permettent, les uns de mieux prévoir et gérer les flux, que ce soit dans les gares ou les aéroports, les autres de faciliter le co-voiturage, de faire fonctionner des navettes, d'identifier des pannes de matériel ou de prévenir des incidents sur les réseaux ferroviaires ou routiers, entre autres. A condition, évidemment, que cette technologie, dont celle, notamment, qui consiste à exploiter des données visuelles, dûment anonymisées, soit acceptée par les usagers... A cet égard, la France et l'Europe veillent à préserver les droits des citoyens, de même qu'elles tentent de défendre la souveraineté des Etats et du continent, en particulier en matière d'utilisation et de stockage de données.
Toujours est-il que la mobilité, en France, est avant tout « collective, partagée et inclusive », résume Benjamin Beaudet. C'est vrai pour les navettes autonomes (même si elles ne peuvent pas encore accueillir de personnes en fauteuil) que la société qu'il gère exploite déjà dans la Drôme, afin d'offrir un moyen de transport à tous, y compris dans des zones « blanches », autrement dit, sans transport. C'est également vrai pour les petites navettes électriques que Lohr opère dans la région de Strasbourg. Et c'est aussi le cas pour les trains légers que la SNCF espère mettre en service d'ici 2030. « Il existe pas moins de 50 000 kilomètres de rails en France, précise Carole Desnost, directrice Technologies, Innovation, Projets, pour le Groupe SNCF. Mais seuls 30 000 sont actuellement exploités. » Certaines lignes et certaines gares, qui frisent pour l'instant la friche, devraient donc accueillir à l'avenir des trains poids plume ne nécessitant pas d'accès à des caténaires, pour transporter une petite centaine de voyageurs à chaque voyage. Mieux, si ces petits trains sont dotés de divers outils à base d'IA, ils pourraient même avoir d'autres fonctions, dont la surveillance de la végétation environnante, pour prévenir les incendies ou observer la biodiversité.
Certes, il faudra lourdement investir. Mais c'est, avec d'autres efforts financiers en matière de réseaux, de décarbonation, d'IA et de systèmes autonomes, le prix à payer pour affirmer la vision et la souveraineté du pays, et rester dans la course aux nouvelles mobilités.
Anne-Marie Idrac, présidente de France Logistique, qui a récemment remis un rapport stratégique au gouvernement, estime d'ailleurs que la France a toutes les chances de jouer un rôle premier, malgré les avancées américaines ou chinoises dans certains domaines. D'autant que de nombreuses initiatives prennent forme dans l'Hexagone. Depuis le lancement d'un appel à projets pour des navires bas carbone jusqu'à un nouvel appel, concernant les véhicules autonomes, en passant par le plan national « Osez l'IA », porté par Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique. Autant d'éléments qui illustrent l'ambition française, « mais aussi sa méthode, faite de coopération et de coalitions », a conclu Anne-Marie Idrac.
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