Un "évangéliste du bitcoin" arrêté pour blanchiment

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Charlie Shrem, 24 ans, est accusé d'avoir participé au blanchiment de près d'un million de dollars échangés contre des Bitcoin.
Charlie Shrem, 24 ans, est accusé d'avoir participé au blanchiment de près d'un million de dollars échangés contre des Bitcoin. (Crédits : Reuters)
Charlie Shrem a été arrêté à l'aéroport J.F. Kennedy, à New-York. Il est accusé de blanchiment d'argent dans le cadre de l'affaire de la plate-forme internet illégale Silk Road, "l'e-bay de la drogue".

Charlie Shrem, le vice-président de la Fondation Bitcoin et PDG de BitInstant, une Bourse du Bitcoin, a été arrêté par la police fédérale à l'aéroport international de New-York, alors qu'il revenait d'Amsterdam.

L'entrepreneur de 24 ans, qui se définissait lui-même comme un "évangéliste du bitcoin", est accusé de conspiration pour blanchiment d'argent. L'affaire impliquerait un montant de Bitcoin équivalent à 1 million de dollars, émis à partir d'une plate-forme d'échanges électronique clandestine, a indiqué le bureau du procureur de New-York. Un autre homme, Robert Faiella, qui intervenait sur la plateforme illégale de vente en ligne de stupéfiant Silk Road sous le pseudonyme de BTCKing, a également été arrêté.

Les deux hommes ont été inculpés lundi. Robert Faiella est accusé d'avoir pris des commandes de Bitcoin auprès d'utilisateurs de Silk Road. Il les adressait ensuite à Charlie Shrem, qui se chargeait de transférer des fonds sur un compte contrôlé par son acolyte. Ils auraient ainsi vendu pour près de 1 millions de dollars de Bitcoin à des utilisateurs de SilkRoad désireux de se procurer de la drogue et autres substances illicites en passant inaperçus.

Le mythe Shrem

Cette arrestation d'un des plus célèbres défenseurs du Bitcoin est forte en symbole. Charlie Shrem était une figure incontournable de la communauté : co-propriétaire de l'unique bar de Manhattan acceptant la monnaie virtuelle, il bénéficiait d'un statut quasi mythique auprès des utilisateurs du Bitcoin.

"Charlie avait fait graver le mot de passe de son compte de Bitcoin sur une bague qu'il portait", révélait un adepte de la monnaie virtuelle dans une interview au New-York Observer en avril dernier. "J'ai entendu ses collègues le surnommer 'Charlie aux quatre doigts' car les gens prétendaient avec humour qu'un jour il se ferait couper le doigt. Car si le cours du Bitcoin continuait à grimper, sa bague pourrait valoir un million de dollars !".

Le Bitcoin en chute

Créé en 2009, le Bitcoin est une monnaie qui s'échange en ligne de gré à gré, et n'est contrôlé par aucune banque centrale. Il est régulièrement présenté comme l'argent du crime, en raison de l'opacité de son système qui permet de transférer des fonds dans un total anonymat.

A Davos, Jack Lew, le Secrétaire du Trésor américain s'inquiétait que la monnaie virtuelle ne devienne une "voie royale pour le financement d'activités illégales ou de toute activité ayant un dessein malveillant à l'instar du terrorisme".

"Quand les bitcoins, comme n'importe quelle monnaie traditionnelle, sont blanchis et utilisés pour alimenter des activités criminelles, les autorités n'ont d'autres choix que de passer à l'action", martelait le procureur de Manhattan Preet Bharara lundi.

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Commentaires
a écrit le 28/01/2014 à 14:11 :
"Lundi soir, le cours de la monnaie virtuelle était tombé à 913,47 dollars à 23 heures, contre 880,50 dollars la veille à la même heure" ???
Réponse de le 28/01/2014 à 14:34 :
eh oui, les mots comme la monnaie, perdent de leur valeur, ces temps-ci.
Réponse de le 28/01/2014 à 17:36 :
mdr

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