Après avoir examiné les conditions d'utilisation du réseau social TikTok, prisé par les adolescents et les jeunes adultes, le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), qui rassemble plusieurs associations de consommateurs dont l'UFC-Que-Choisir, accuse la plateforme de "surexploiter" les données personnelles de ses utilisateurs, de ne pas assez protéger les mineurs face aux pratiques marketing et aux contenus inappropriés, et dépose une plainte auprès de la Commission européenne.Parfois, se pencher dans la nébuleuse des conditions générales d'utilisation (CGU), document jargonnant et souvent illisible de plusieurs pages qu'il faut accepter pour accéder au service, réserve de bien mauvaises surprises. C'est le constat établi par le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), au sujet du réseau social TikTok, qui revendique 800 millions d'utilisateurs dans le monde, et qui est particulièrement prisé par les enfants de moins de 13 ans, les adolescents et les jeunes adultes.
En examinant dans le détail ses CGU, la fédération européenne et ses membres, dont l'UFC-Que-Choisir, ont décelé de nombreuses "clauses contraires à la loi" et accusent TikTok de "surexploiter" les données personnelles de ses utlisateurs à son bénéfice et de bafouer les droits des consommateurs encadrés par le RGPD, le règlement européen sur la protection des données. Par conséquent, le BEUC a annoncé mardi 16 février avoir déposé une plainte au près de la Commission européenne. L'UFC-Que-Choisir a également alerté la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF), et l'invite à ouvrir une enquête sur les pratiques du géant chinois.
"TikTok se donne le droit de faire ce qu'il veut des vidéos publiées"
D'après l'UFC-Que-Choisir, en acceptant les CGU de TikTok, ses utilisateurs l'autorisent à utiliser, modifier et reproduire toutes les vidéos postées sur sa plateforme, sans possibilité de s'y opposer. "TikTok se donne le droit de faire ce qu'il veut des vidéos publiées. Il n'informe pas clairement ses utilisateurs sur les données personnelles qui sont collectées, leur but et destination contrairement aux obligations du RGPD", tacle l'association française.
Les défenseurs des droits des consommateurs reprochent également à TikTok de ne pas protéger ses utilisateurs les plus jeunes, alors que l'application chinoise est utilisée en France par 11 millions de personnes d'après Harris Interactive, dont 35% des 15-24 ans, qui y passent en moyenne un peu plus d'une heure par jour. Plus problématique : alors que TikTok est en théorie interdit au moins de 13 ans, 45,7% d'entre eux déclaraient utiliser l'application d'après une étude de 2019 de l'agence Heaven. Or, le BEUC estime que les mesures mises en oeuvre pour protéger ce public vulnérable ne sont pas suffisantes :