Les bons débuts d’Iliad en Italie

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Benedetto Levi, le jeune lieutenant de Xavier Niel en Italie.
Benedetto Levi, le jeune lieutenant de Xavier Niel en Italie. (Crédits : Reuters)
Moins de deux mois après son lancement dans la péninsule, le nouvel opérateur mobile de Xavier Niel a passé la barre du million d’abonnés.

C'est un départ sur les chapeaux de roues. 50 jours après son lancement en Italie, Iliad y a signé une solide conquête de clients. Dans un communiqué diffusé mercredi, le groupe de Xavier Niel affirme avoir franchi le premier million d'abonnés. Pour surfer sur cette dynamique, le nouvel opérateur mobile « a décidé d'étendre son offre commerciale au prix de 5,99 euros par mois aux 200.000 prochains abonnés », précise-t-il. Un joli succès, bien au-delà des attentes. Beaucoup estimaient qu'Iliad allait souffrir du fait qu'il demeure peu connu de l'autre côté des Alpes. Cela ne l'a visiblement pas freiné.

Dans une note, les analystes d'Oddo BHF en témoignent. Cet important recrutement d'abonnés d'Iliad intervient « seulement un mois et demi après son lancement, malgré le fait d'être inconnu au bataillon en Italie, et n'ayant pas de base d'abonnés fixe, contrairement à la France, soulignent-ils. C'est plus que les attentes les plus optimistes. [...] Malgré quelques campagnes télévisées, Iliad a surtout parié sur le bouche-à-oreille et la couverture presse pour convaincre. »

Pas de problèmes techniques

Même son de cloche pour Stéphane Beyazian, analyste chez Raymond James. Pour lui, cette conquête « est bien plus rapide » que ce à quoi il s'attendait, soit « environ 77.000 en 90 jours, et 1 million au bout d'un an ». « Il s'agit du deuxième lancement le plus rapide de marque en Europe en 20 ans », poursuit-il. L'analyste rappelle que la première place est aussi détenue par Iliad, lorsque le groupe de Xavier Niel s'est lancé dans le mobile, en France, en 2012, et a alors raflé 2,6 millions de clients en 70 jours. Pour mieux mesurer la performance d'Iliad, Stéphane Beyazian souligne qu'à chaque trimestre, il y a entre 7 et 8 millions de « churners » en Italie - c'est-à-dire des clients qui décident de changer d'opérateur mobile. Ainsi, au mois de juin, le nouvel opérateur a chipé « plus de 35% des churners », constate-t-il.

Pour les analystes d'Oddo, cette bonne performance d'Iliad s'explique notamment par ses tarifs bien plus bas que la concurrence, ainsi que par l'image globalement dégradée des opérateurs mobiles italiens auprès du grand public. Fin mai, lors du lancement de son offre dans la péninsule, Benedetto Levi, le jeune chef de file d'Iliad dans le pays, n'a pas hésité à tacler durement ses rivaux. « Les gens en ont marre de payer trop, et ils ont raison », a-t-il lancé. Le tout saupoudré d'une rafale de « basta ! » (« assez ! »). En outre, selon les analystes d'Oddo, « il n'y a pas eu de bug majeur nuisant à l'image du tout jeune opérateur à notre connaissance », écrivent-ils. Alors qu'en France, il y a six ans, Iliad avait rencontré d'importantes difficultés techniques lors du lancement de Free Mobile.

Pour Iliad, ce bon lancement en Italie constitue une appréciable bulle d'air. Il faut dire qu'en France, le groupe essuie aujourd'hui des difficultés. Au printemps dernier, ses résultats trimestriels ont largement déçu et alerté les investisseurs comme les analystes financiers. Pourquoi ? Parce que pour la première fois, l'opérateur de Xavier Niel a perdu des abonnés dans l'Internet fixe, un segment considéré comme la « vache à lait » du groupe. Non seulement Free a perdu 19.000 abonnés sur ce créneau au premier trimestre par rapport au trimestre précédent. Mais en plus, le revenu moyen par abonné (qui est un indicateur très suivi dans les télécoms) a baissé de 1,60 euro à 32,90 euros... Si les voyants sont pour l'instant au vert en Italie, c'est surtout en France qu'Iliad va devoir prouver qu'il peut relancer la machine.

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