Crise à France Télévisions : la vente de la régie suspendue
Isabelle Repiton
France Télévisions devrait engranger 70 millions d'euros de recettes publicitaires de plus que prévu dans son budget prévisionnel et affecter ce différentiel à la réduction de son déficit évalué à 135 millions d'euros. /Photo prise le 30 mars...
Photo Reuters
Au terme d'un débat intense en conseil d'administration mardi, le Pdg de France Télévisions a obtenu l'adoption, par 10 voix contre 5 d'une résolution qui recommande "la suspension des négociations exclusives engagées en vue de la cession de la majorité du capital de sa filiale France Télévisions Publicité".
Aucune date butoir n'est donc fixée pour la conclusion des discussions avec le tandem Publicis - Lov Group (Stéphane Courbit), avec lequel l'entrée en négociation exclusive pour la reprise de 70 % du capital de la régie, était signée depuis mi-février.
Les cinq représentants de l'Etat actionnaire au conseil avaient pourtant défendu "un report" de la fin de la négociation au 30 octobre (au lieu du 30 juin), avec assurance de l'Etat d'avancer à fin septembre - au lieu de mai 2011 comme prévu par la loi -, la remise d'un rapport sur l'impact de la suppression de la publicité après 20 heures.
En clair, cela laissait un mois au Parlement pour étudier ce rapport et déposer - ou non - une proposition de loi, visant à maintenir la publicité en journée sur les chaînes publiques. Un calendrier jugé irréaliste par le sénateur Michel Thiollière, membre du conseil.
La cession de la majorité de la régie publicitaire de France Télévisions, qui a généré 405 millions d'euros de recettes en 2009, avant toute décision du Parlement, interdirait en effet par la suite d'en reconsidérer les modalités à la lumière de cette éventuelle nouvelle donne.
"Il a en effet été rappelé que la négociation exclusive en cours est intrinsèquement liée à l'hypothèse d'une suppression de la publicité avant 20 heures sur les antennes du groupe" indique la résolution adoptée par le Conseil, qui prend également acte de la promesse de l'Etat d'anticiper à septembre 2011 son rapport au Parlement.
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Désormais, France Télévisions va proposer, par le biais de ses conseils, un avenant à l'accord de négociations exclusives, à Lov-Publicis. Reste à savoir si l'acquéreur potentiel sera prêt à patienter sine die ou préfèrera jeter l'éponge. Dans un premier temps, du côté des deux sociétés, on se dit choqué d'apprendre par voie de presse la décision du conseil. Interrogé, l'entourage de Stéphane Courbit indique réserver ses commentaires à l'examen plus détaillé des éléments.
Quelle que soit la suite, la mise en minorité des représentants de l'Etat au Conseil, conforte Patrick de Carolis pour la fin de son mandat jusqu'au 25 août. Une revanche pour l'état-major de France Télévisions, qui a présenté à son conseil des résultats bénéficiaire avec deux ans d'avance, et qui avait été déstabilisé tout le week end dernier par les fuites sur la nomination imminente par l'Elysée d'Alexandre Bompard, patron d'Europe 1, en remplacement de Patrick de Carolis. Un Carolis très pugnace devant son conseil ont noté les participants.
Le Conseil de France Télévisions
- Patrick de Carolis
- 5 administrateurs de l'Etat
Laurence Franceschini (ministère de la Culture), Alexis Kohler (Agence des participations de l'État), Marie-Astrid Ravon (ministère du Budget), Vincent Bouvier (ministère de l'Outre-mer) et Véronique Cayla (Centre national de la cinématographie).
- Autres administrateurs
Michel Thiollière sénateur UMP
Christian Kert , le député UMP
Jean-Claude Carrière
Patricia Langrand
Dominique Wolton
Jacques Martial
Henriette Dorion-Sébéloué
Serge Guillemin
- Représentants du personnel :
Laurent Bignolas
François Marlin