Vague de départs au pôle presse du Crédit Mutuel
Sandrine Bajos
Sandrine Bajos
Le premier groupe de presse quotidienne régionale, le groupe Ebra (Est Bourgogne Rhône-Alpes) détenu par la Crédit Mutuel, connaît une vague de départ sans précédent. Selon La Correspondance de la presse, près de cent dix journalistes devraient quitter prochainement Les Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA), l'Est Républicain et Vosges Matin, à la suite de la prise de contrôle de ces quotidiens par la banque mutualiste.
La Banque fédérative du Crédit mutuel (BFCM), déjà propriétaire du Progrès, du Bien Public ou encore du Journal de Saône-et-Loire, s'est offert en novembre 2010 le groupe Est Républicain contrôlant les trois journaux. Et la place de numéro de la presse quotidienne régionale devant le groupe Ouest-France. En juillet dernier, l'Autorité de la concurrence a donné son aval à l'opération. Les journalistes avaient jusqu'au 31 décembre pour faire savoir s'ils souhaitaient bénéficier de cette clause, qui permet à un journaliste de quitter avec des indemnités son employeur lorsqu'il est cédé.
Pour les syndicats des trois quotidiens, cette "véritable saignée" des rédactions est en partie imputable au climat d'incertitude régnant après leur rachat par le Crédit mutuel. De sources syndicales, quelque 55 journalistes sur 190 quitteraient les DNA (environ 30 % des effectifs), une dizaine Vosges Matin (20 %) et une quarantaine l'Est Républicain (20 %). Parmi les partants, beaucoup de journalistes approchant l'âge de la retraite, mais aussi des jeunes, et de nombreux cadres, chefs de service, responsables d'agence ou rédacteurs en chef adjoints.
Selon le SNJ cité par l'AFP, ces "départs massifs" ne s'expliquent pas seulement par l'effet d'aubaine permettant aux plus anciens de partir avec de confortables indemnités. "Ils sont aussi pour partie la traduction d'un profond désarroi au sein de rédactions traumatisées. Le silence qui entoure les projets éditoriaux du nouvel actionnaire et le climat d'opacité ajoutent à l'angoisse, un climat soigneusement entretenu pour démobiliser ceux qui croient encore à leur métier", explique le syndicat.
Pour l'heure, le président du Crédit Mutuel Michel Lucas qui, depuis novembre dernier, est président de l'Est Républicain ne s'est guère exprimé sur ses intentions. On sait juste que la banque veut développer la mutualisation des contenus des différents titres et qu'un rapprochement des services est au programme. Mais dans les limites imposées par l'Autorité de la concurrence, qui a demandé le maintien de la diversité des contenus et de rédactions en chef dédiées pour les DNA et l' Est Républicain.
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