L'affaire Hanouna en quatre chiffres

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Cyril Hanouna, l'animateur de l'émission phare de C8 Touche Pas à Mon Poste (TPMP), fait de nouveau l'objet de plaintes suite à un canular téléphonique jugé homophobe par certains téléspectateurs et internautes. L'animateur n'en est pas à son premier coup d'essai, puisque le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) avait déjà adressé deux mises en demeure en 2016 pour "manquement à la maîtrise de l'antenne". Ces avertissements ne semblent pas avoir suffi, mais cette fois-ci des annonceurs de la chaîne ont déclaré, à tour de rôle, qu'ils boycotteront l'émission, donnant une toute autre ampleur à l'affaire que La Tribune résume ici en quatre grands chiffres.
Suite à l'émission en question diffusée le 18 mai dernier, dans laquelle Cyril Hanouna répond à une fausse annonce postée sur un site de rencontre gay, le CSA a reçu environ 25.000 plaintes. Cela représente plus des deux tiers de l'ensemble des plaintes déposées à l'autorité de régulation en 2016, qui étaient au nombre de 36.000. A l'époque, C8 et Cyril Hanouna avaient déjà fait l'objet du plus grand nombre de signalements, près de 6.500.
L'autorité de régulation a fait savoir qu'elle avait ouvert une nouvelle procédure contre TPMP. Un rapporteur indépendant du Conseil d'Etat va ainsi prendre en charge l'affaire, qui devrait durer plusieurs mois. Pour rappel, deux précédentes procédures, lancées suite à des passages diffusés le 3 novembre et le 7 décembre 2016 sur C8, n'ont toujours pas abouti.
Lors des incidents précédents, la polémique avait enflé sur plusieurs jours, le CSA avait adressé soit un avertissement, soit lancé une procédure de sanction, mais la longueur de ces dernières laisse planer un sentiment d'impunité envers l'animateur et la chaîne. Cette fois-ci, les choses pourraient changer car les autorités ne sont pas les seules à s'être impliquées dans l'affaire.
Des annonceurs de l'émission ont déclaré mardi qu'ils retiraient leurs publicités lors de la tranche horaire de l'émission de Cyril Hanouna. De Chanel à Disney en passant par Peugeot, SFR et PMU, plus d'une trentaine de marques ont décidé de boycotter le show, impliquant des pertes pour la chaîne, propriété du groupe Canal Plus de Vincent Bolloré. Près de 200 annonceurs ont en revanche conservé leur contrat, selon le directeur général de C8, Franck Apietto, qui s'est exprimé sur Europe 1.
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La crise pourrait être lourde à gérer pour C8. TPMT génère entre 200.000 et 250.000 euros nets de recettes publicitaires par jour. Privé d'annonceurs sur une semaine, la chaîne pourrait perdre plus d'un million d'euros.
Un coup dur pour ce canal de la TNT qui vit dans une sorte de dépendance vis-à-vis de l'animateur. TPMP (rediffusions comprises) rapporte environ 80 millions d'euros à C8, soit la moitié du chiffre d'affaires généré par les recettes publicitaires de l'ensemble de ses programmes, selon Le Figaro. Pour rappel, Vincent Bolloré avait signé un chèque de 250 millions d'euros à la boîte de production de Cyril Hanouna en 2015, pour conserver l'animateur sur C8 au moins pour les cinq prochaines années.
Suite au décrochage des annonceurs, l'animateur n'a pas tardé à présenter ses excuses dans une lettre ouverte publiée par Libération mardi soir.
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A la suite des procédures du CSA, si des sanctions sont prononcées elles pourraient coûter très cher à la chaîne. De la suspension du programme ou des séquences publicitaires, qui feraient déjà un sacré trou dans le bilan de C8, une sanction pécuniaire peut être prononcée. Celle-ci peut atteindre au maximum 3% du chiffre d'affaires de la chaîne, voire 5% en cas de récidive, soit plusieurs millions d'euros. De plus, le montant des recettes publicitaires générées par l'émission sanctionnée est agrégé au montant du chiffre d'affaires total, augmentant ainsi la potentielle amende dont C8 pourrait écoper.
(avec Reuters)
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