Vivendi songe à introduire Universal Music en Bourse

Le géant des médias de Vincent Bolloré réfléchit à introduire sa filiale de musique en Bourse. L’opération pourrait permettre à Vivendi de de désendetter, et de poursuivre ses emplettes dans les contenus.
Pierre Manière
Vincent Bolloré, le chef de file de Vivendi (maison-mère d'Universal Music Group).
Vincent Bolloré, le chef de file de Vivendi (maison-mère d'Universal Music Group). (Crédits : Reuters)

L'heure est décidément aux grandes manœuvres chez Vivendi. Dix jours après le lancement du rachat d'Havas au groupe Bolloré, le géant des médias a indiqué qu'il réfléchissait bien à introduire sa pépite Universal Music Group (UMG) en Bourse. C'est Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi, qui l'a affirmé ce mardi au Wall Street Journal.

D'après le quotidien économique américain, le dirigeant précise que le groupe « pourrait introduire en Bourse une part minoritaire du capital de la maison de disques ». C'est la deuxième fois en un mois que Vivendi évoque cette perspective, déjà suggérée par la direction de Vivendi lors de l'assemblée générale du 25 avril dernier.

Reste que cette déclaration, très franche, ne manque pas de piquant. Pendant longtemps, Vivendi expliquait qu'il souhaitait plus que tout garder intégralement la main sur sa précieuse filiale. La direction a donc changé son fusil d'épaule. Universal Music « n'est pas une vache sacrée », a déclaré Arnaud de Puyfontaine, tout en affirmant qu'une cotation en Bourse n'était toutefois pas la priorité du moment.

« Vivendi pourrait obtenir entre 4 et 6 milliards »

Quoi qu'il en soit, le groupe de médias de Vincent Bolloré sait bien qu'Universal Music a tout pour plaire aux investisseurs. Alors que certaines filiales de Vivendi sont en difficulté (comme Canal+, confronté à une grosse chute du nombre d'abonnés), la maison de disques, elle, se porte bien. En 2016, ses ventes ont notamment progressé de 4,4%, à taux de change constants, à près de 5,3 milliards d'euros. Et ce, dans un marché de la musique qui retrouve des couleurs, grâce, notamment, à l'envolée du streaming.

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La cotation d'Universal Music pourrait dans tous les cas permettre à Vivendi de se renflouer. Analyste médias chez Natixis, Jérôme Bodin évoque depuis longtemps cette hypothèse. D'après lui, « Vivendi pourrait obtenir entre 4 et 6 milliards de cette opération pour une mise en Bourse comprise entre 33% et 49% ». Selon lui, l'initiative permettrait au groupe « de se désendetter suite à l'acquisition d'Havas, et d'envisager de nouvelles acquisitions (jeux, édition, la télé payante, etc...) pour poursuivre sa stratégie de création d'un groupe de médias à vocation mondiale ». L'analyste rappelle que si « UMG reste un actif stratégique de Vivendi, et clef pour développer des synergies avec les autres branches du groupe », le géant des médias « n'a peut-être pas besoin d'en détenir 100% ».

Pierre Manière

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