PSAM "ne veut pas démanteler Vivendi"

 |   |  354  mots
Vivendi est la proie d'un conflit entre un actionnaire activiste et la direction au sujet du montant des dividendes et rachats d'actions.
Vivendi est la proie d'un conflit entre un actionnaire activiste et la direction au sujet du montant des dividendes et rachats d'actions. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Dans une interview aux Echos, le fonds spéculatif américain explique ne vouloir qu'une clarification de la stratégie de Vivendi, et une meilleure rétribution des actionnaires. Vivendi a prévu de reverser 5,7 milliards d'euros à ses actionnaires, tandis que PSAM en réclame 9 milliards.

Le fonds spéculatif américain P. Schoenfeld Asset Management (Psam) n'a pas l'intention de démanteler Vivendi et ne travaille pas de concert avec des actionnaires étrangers pour prendre le contrôle du groupe de médias, assure son fondateur Peter Schoenfeld dans un entretien au quotidien Les Echos publié jeudi.

Des alliés pour récupérer 9 milliards d'euros

Le hedge fund PSAM, qui contrôle 0,8% de Vivendi, tente de rallier d'autres actionnaires au vote de deux résolutions à l'assemblée générale du groupe, qui lui imposeraient de restituer jusqu'à neuf milliards d'euros de bénéfices à la suite de plusieurs ventes d'actifs.

"Notre but n'est pas de démanteler Vivendi. Nous ne travaillons pas de concert avec des actionnaires étrangers pour prendre le contrôle du groupe. La seule chose que nous demandons, c'est une meilleure rétribution des actionnaires et une clarification de la stratégie", a dit aux Echos Peter Schoenfeld.

Vivendi a récemment annoncé son intention de verser quelque 5,7 milliards d'euros via des dividendes et des rachats d'actions d'ici à 2017 mais entend également consacrer une partie de ses profits à de la croissance externe et à du développement organique.

Les rendez-vous avec Vincent Bolloré annulés

Peter Schoenfeld précise dans l'entretien avoir demandé à rencontrer Vincent Bolloré, qui s'est renforcé au capital de Vivendi dernièrement avec plus de 10% du capital détenus par sa société Bolloré, mais toutes les dates qui avaient été fixées ont été annulées.

Le fondateur de PSAM indique en revanche avoir rencontré des cabinets de conseil aux actionnaires, tels Proxinvest et ISS.

"Proxinvest va soutenir notre première résolution - celle qui demande le versement d'un dividende de 2,9 milliards - mais pas la seconde - celle qui requiert 6 milliards supplémentaires", annonce-t-il.

De son côté, la société de conseil Glass Lewis s'est refusé à soutenir les initiatives en faveur d'un relèvement du dividende mais conseille aux actionnaires de voter une résolution proposée par le fonds PhiTrust qui interdirait les droits de vote doubles pour les actionnaires détenant l'action depuis plus de deux ans.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/04/2015 à 15:58 :
Ces fonds, spéculatifs ou pas, sont collés avec leur petit pourcentage. Sortir serait se priver des droits de vote double qui ont en réalité un poids relatif à la taille du partenaire majoritaire, si ce dernier acquiert plus de 30% ils perdent une bonne part de leur valeur, si ce dernier monte à 50% ils n'ont plus aucune valeur stratégique et, par ailleurs, le versement de dividendes et la valorisation du groupe risquent de chuter notablement. Ils leur faut donc comme seule solution s'allier avec ce majoritaire pour lui permettre d'atteindre ses objectifs afin de pouvoir sortir avec un effet de levier satisfaisant comme rétribution au service rendu. Bolloré utilisera le dividende majoré pour se renforcer et ce d'autant qu'un montant élevé ferait baisser la valeur de l'action. A 30% du capital compte tenu des droits de vote double, l'actionnaire breton serait maître à bord, pouvant envisager une fusion avec Havas qui renforcerait encore sa participation. De fait, les jeux sont déjà faits.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :